Une correspondance de guerre
Depuis le début de l'invasion russe en février 2022, des millions d'Ukrainiens ont fui ou résistent sur place. Parmi eux, deux amies, Olga et Sasha, entretiennent une correspondance régulière. Leurs lettres, partagées avec Le Monde, offrent un éclairage intime sur la vie quotidienne sous les bombes et la résistance civile.
La créativité comme arme
Dans une lettre datée de mars 2023, Olga écrit : « Pendant les manifestations, j'ai trouvé les gens si créatifs avec leurs slogans. » Elle raconte avoir vu des pancartes détournant des publicités ou des chansons populaires. Selon une étude de l'Université de Kiev, 73 % des manifestants considèrent que l'humour et la créativité sont essentiels pour maintenir le moral.
Des slogans qui font mouche
Sasha, de son côté, décrit une manifestation à Lviv où les participants brandissaient des affiches avec des jeux de mots en ukrainien et en russe. « Un homme portait un carton disant ‘Poutine, tu as perdu ton Nord Stream ?’ », rapporte-t-elle. Ce type de résistance symbolique est devenu un marqueur de la société civile ukrainienne, selon l'historienne Olena Petrenko, interrogée par nos soins.
La vie sous les bombardements
Au-delà des manifestations, les lettres évoquent la peur constante des frappes. Olga, qui vit à Kharkiv, décrit le bruit des sirènes et les nuits dans le métro. « Nous avons appris à reconnaître le bruit des missiles Grad », écrit-elle. Sasha, réfugiée à Varsovie, partage son sentiment de culpabilité d'être en sécurité. Leur correspondance, qui compte déjà plus de 200 lettres, sera publiée aux éditions Calmann-Lévy en septembre 2026.



