Journaliste gazaoui exilé en France : le rêve brisé d’une vie normale
Journaliste gazaoui exilé en France : le rêve brisé

Ismaïl Rabah, journaliste palestinien originaire de Gaza, a trouvé refuge en France après avoir fui les bombardements israéliens. Mais l’exil n’a pas apaisé ses souffrances : il vit désormais dans l’attente d’une régularisation administrative et d’un véritable statut de réfugié. « Je rêve d’être véritablement vivant », confie-t-il dans un entretien à Libération.

Un parcours semé d’embûches

Arrivé en France en 2023, Ismaïl Rabah a d’abord été hébergé par des amis avant de se retrouver à la rue. Il a ensuite obtenu un hébergement d’urgence, mais sa situation administrative reste précaire. « Je suis en attente de ma carte de séjour. Je ne peux pas travailler, je ne peux pas louer un appartement », explique-t-il.

Son histoire est celle de milliers de Gazaouis qui ont fui la guerre. Selon l’ONU, plus de 1,7 million de Palestiniens ont été déplacés à l’intérieur de la bande de Gaza depuis le début du conflit en octobre 2023. Ismaïl Rabah fait partie des rares à avoir pu quitter le territoire.

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Le choc de l’exil

Le journaliste raconte le choc culturel et psychologique de l’arrivée en France. « À Gaza, je risquais ma vie chaque jour. Ici, je suis en sécurité, mais je suis invisible », déplore-t-il. Il évoque la difficulté de reconstruire une vie loin de sa famille, restée à Gaza. « Ma mère et mes sœurs sont toujours là-bas. Je n’ai pas de nouvelles régulières. C’est une angoisse permanente. »

Ismaïl Rabah avait travaillé pour plusieurs médias internationaux, dont Al Jazeera et France 24. Son expertise lui a valu d’être invité à témoigner devant le Parlement européen. Mais en France, il peine à trouver un emploi stable en raison de son statut.

Un combat pour la reconnaissance

Il milite aujourd’hui pour une meilleure prise en charge des journalistes exilés. « Les journalistes palestiniens sont souvent oubliés. Nous avons besoin de visas humanitaires et de programmes d’accueil spécifiques », insiste-t-il. Selon Reporters sans frontières, au moins 30 journalistes ont été tués à Gaza depuis le début de la guerre, ce qui en fait l’un des conflits les plus meurtriers pour la presse.

Ismaïl Rabah espère que son témoignage contribuera à sensibiliser l’opinion publique et les décideurs. « Je ne demande pas la charité, mais la justice. Le droit de vivre dignement, comme tout être humain. »

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