Jimmy Lai écope de 20 ans de prison dans une affaire qui ébranle Hong Kong
Vingt ans de prison. C'est la sentence prononcée contre Jimmy Lai, l'ancien magnat des médias prodémocratie, reconnu coupable de collusion avec l'étranger et de publication séditieuse. Cette condamnation, la plus sévère jamais infligée en vertu de la loi sur la sécurité nationale imposée par la Chine en 2020, intervient malgré les pressions du Royaume-Uni, des États-Unis et des défenseurs des droits humains, qui y voient un coup porté aux libertés dans l'ancienne colonie britannique.
Une peine draconienne qui alarme la famille et les soutiens
Le fils de Jimmy Lai, Sebastien, a exprimé son effroi dans un communiqué, soulignant les risques pour la santé de son père âgé de 78 ans. Condamner mon père à cette peine de prison draconienne est dévastateur pour notre famille et met sa vie en danger, a-t-il déclaré, ajoutant que cela marquait la destruction totale du système judiciaire de Hong Kong et la fin de la justice. Lors de l'audience, Jimmy Lai est resté impassible, saluant d'un geste de la main son épouse Teresa et d'anciens journalistes d'Apple Daily, le journal prodémocratie qu'il a fondé et qui est aujourd'hui fermé.
Les détails de la condamnation et les accusations
Le tribunal a estimé que la conduite criminelle de Lai justifiait une peine totale de 20 années d'emprisonnement, incluant deux années déjà prononcées pour fraude, ce qui signifie qu'il purgera 18 années supplémentaires. Reconnu coupable le 15 décembre de trois chefs d'accusation, il risquait initialement la prison à vie. Dans un jugement de 856 pages, les juges ont affirmé qu'il avait cherché à renverser le Parti communiste chinois, tandis que l'accusation le présentait comme le cerveau de complots visant à inciter des pays étrangers à des actes hostiles contre Hong Kong ou la Chine.
La liberté de la presse en péril selon les organisations internationales
Cette condamnation a suscité de vives réactions de la part d'organisations de défense des droits. Jodie Ginsberg, directrice générale du Comité pour la protection des journalistes, a qualifié la décision de coup de grâce à la liberté de la presse à Hong Kong. En effet, Hong Kong a chuté dans le classement de Reporters sans Frontières, passant de la 18e place en 2002 à la 140e en 2025. Amnesty International a évoqué une nouvelle date sombre dans la transformation de la ville, tandis que Human Rights Watch a estimé que la peine équivaut, de fait, à un arrêt de mort.
Les réactions divergentes des gouvernements
Le gouvernement de Taïwan a critiqué la condamnation, la qualifiant de tentative de créer l'effroi. À l'inverse, Pékin a affirmé soutenir fermement Hong Kong dans la défense de la sécurité nationale et la répression des actes criminels. Jimmy Lai, détenteur d'un passeport britannique et emprisonné depuis 2020, a plaidé non-coupable et dispose de 28 jours pour faire appel. Les autorités de Hong Kong maintiennent que son cas n'a rien à voir avec la liberté d'expression ou de la presse, mais cette affaire continue de cristalliser les tensions sur l'avenir des libertés dans la région.