Le gouvernement indien a déclenché une vive controverse en ordonnant l'interruption de la grève de la faim illimitée menée par le militant écologiste et défenseur des droits humains Sonam Wangchuk. Ce dernier protestait contre un projet de barrage hydroélectrique dans la région himalayenne du Ladakh. La décision, prise le 16 juillet 2026, a été immédiatement condamnée par l'opposition et les organisations de défense des droits de l'homme.
Un coup de force critiqué
Sonam Wangchuk, connu pour son engagement en faveur du développement durable et de l'éducation, avait entamé une grève de la faim le 1er juillet pour protester contre la construction d'un barrage sur la rivière Indus. Selon ses partisans, le projet menace l'équilibre écologique de la région et les droits des communautés locales. Le gouvernement a justifié son intervention en invoquant des raisons de sécurité publique et de santé, affirmant que la grève mettait en danger la vie du militant.
"C'est une atteinte grave à la liberté d'expression et au droit de protester pacifiquement", a déclaré Rahul Gandhi, leader de l'opposition au Parlement indien. "Le gouvernement utilise des prétextes médicaux pour faire taire les voix dissidentes."
Réactions et conséquences
La décision a suscité une vague d'indignation sur les réseaux sociaux et dans les médias. Plus de 200 intellectuels, artistes et activistes ont signé une pétition demandant la levée de l'interdiction. Amnesty International a qualifié la mesure de "répression inacceptable" et a appelé les autorités à respecter les droits fondamentaux.
Sonam Wangchuk, âgé de 52 ans, avait déjà mené des grèves de la faim par le passé, notamment en 2018 pour réclamer des mesures contre le changement climatique. Cette fois, son état de santé s'est détérioré après 15 jours de jeûne, ce qui a conduit les autorités à intervenir. Il a été transporté d'urgence à l'hôpital de Leh, où il est sous surveillance médicale.
Un projet controversé
Le barrage hydroélectrique, d'une capacité de 1 000 mégawatts, est un projet phare du gouvernement indien dans le cadre de sa politique énergétique. Cependant, il est vivement contesté par les écologistes et les habitants du Ladakh, qui craignent des conséquences désastreuses pour l'environnement et les moyens de subsistance locaux. Selon une étude de l'Université de Delhi, le barrage pourrait entraîner la disparition de nombreuses espèces endémiques et perturber l'approvisionnement en eau de la région.
"Ce barrage est une catastrophe écologique annoncée", a affirmé Wangchuk dans une déclaration avant son hospitalisation. "Nous ne pouvons pas sacrifier notre avenir pour des profits à court terme."
Un précédent inquiétant
Cette affaire intervient dans un contexte de durcissement du gouvernement indien envers les activistes. En 2025, le gouvernement avait déjà interdit une grève de la faim menée par des agriculteurs protestant contre les réformes agricoles. Les critiques accusent le Premier ministre Narendra Modi de réduire l'espace civique et de réprimer les voix dissidentes sous couvert de sécurité nationale.
La situation de Sonam Wangchuk est désormais suivie de près par la communauté internationale. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a exprimé sa préoccupation et a demandé au gouvernement indien de garantir le droit à la protestation pacifique. L'issue de cette affaire pourrait avoir des répercussions sur la liberté d'expression en Inde.



