À l'occasion d'un match de football amical prévu dans le cadre des célébrations de la Pride, les équipes nationales d'Égypte et d'Iran ont délibérément évité de répondre aux questions des journalistes concernant les droits des personnes LGBTQ+. Cette situation a provoqué une vague d'indignation parmi les défenseurs des droits humains, qui dénoncent un silence complice face aux discriminations.
Un match sous le signe de la controverse
Le match, qui devait être un symbole d'inclusion et de diversité, a rapidement été éclipsé par le refus des deux sélections de s'engager sur le sujet. Interrogés lors de la conférence de presse d'avant-match, les représentants des deux équipes ont esquivé les questions, se contentant de déclarer qu'ils se concentraient sur le terrain. « Nous sommes ici pour jouer au football, pas pour faire de la politique », a affirmé un porte-parole de l'équipe égyptienne, selon des propos rapportés par l'AFP.
Des pays aux législations répressives
L'Égypte et l'Iran sont tous deux connus pour leurs législations sévères en matière de droits LGBTQ+. En Iran, l'homosexualité est punie de la peine de mort, tandis qu'en Égypte, les personnes LGBTQ+ sont régulièrement poursuivies pour « débauche » ou « incitation à la débauche ». Selon Human Rights Watch, au moins 100 personnes ont été arrêtées en Égypte en 2023 pour des motifs liés à leur orientation sexuelle ou identité de genre.
Les réactions des associations
Plusieurs associations de défense des droits LGBTQ+ ont vivement réagi. « Ce silence est une insulte à toutes les personnes qui luttent pour leurs droits fondamentaux dans ces pays », a déclaré un représentant d'Amnesty International. « Le football ne peut pas rester neutre face à l'oppression. »
Un contexte plus large
Cet incident s'inscrit dans un contexte plus large de tensions autour de l'organisation d'événements sportifs dans des pays aux législations restrictives. La Coupe du monde 2022 au Qatar avait déjà suscité des polémiques similaires. Les critiques estiment que les fédérations sportives internationales doivent faire davantage pression pour garantir le respect des droits humains.
Les joueurs pris entre deux feux
Certains joueurs des deux équipes, interrogés en marge de l'entraînement, ont préféré ne pas commenter. « C'est un sujet sensible, nous ne voulons pas créer de problèmes », a confié l'un d'eux sous couvert d'anonymat. Cette attitude reflète la pression exercée par les régimes politiques de leurs pays respectifs.
Vers une prise de conscience ?
Malgré ce silence, des voix s'élèvent pour appeler à un changement. La FIFA a rappelé dans un communiqué que « le football est un sport universel qui doit promouvoir l'inclusion et le respect de tous ». Cependant, aucune sanction n'a été annoncée à l'encontre des deux fédérations.



