L'organisation Disclose et Reporters sans frontières (RSF) ont lancé un appel urgent à la mobilisation internationale contre l'opération SIRLI menée par les autorités égyptiennes. Cette opération, qui vise à traquer les sources des journalistes, constitue une menace grave pour la liberté de la presse dans le pays.
Une opération de surveillance massive
L'opération SIRLI, dénoncée par Disclose et RSF, repose sur l'utilisation de logiciels espions et de techniques de surveillance de masse pour identifier les informateurs des médias. Selon les deux organisations, cette campagne a déjà conduit à l'arrestation de plusieurs personnes soupçonnées d'avoir fourni des informations à des journalistes.
« L'Égypte mène une chasse aux sorcières contre les sources, avec des méthodes dignes d'un État policier », a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. « Nous appelons la communauté internationale à réagir avec fermeté. »
Des conséquences dramatiques pour la liberté d'information
Les conséquences de cette opération sont déjà visibles : plusieurs médias indépendants ont cessé leurs activités, et les journalistes travaillent dans un climat de peur permanent. Selon Disclose, au moins 15 sources présumées ont été arrêtées depuis le début de l'opération SIRLI en 2023.
« Il s'agit d'une attaque frontale contre le droit du public à l'information », a ajouté Geoffrey Livolsi, cofondateur de Disclose. « Sans protection des sources, il n'y a pas de journalisme d'investigation possible. »
Un appel à la mobilisation internationale
Disclose et RSF demandent aux organisations de défense des droits de l'homme, aux gouvernements et aux institutions internationales de condamner fermement cette opération et d'exiger sa cessation immédiate. Ils appellent également à la libération de tous les journalistes et sources emprisonnés.
L'Égypte est régulièrement critiquée pour son bilan en matière de liberté de la presse. Selon le classement 2024 de RSF, le pays occupe la 166e place sur 180 en matière de liberté de la presse. Cette nouvelle affaire risque d'aggraver encore cette situation.
Les deux organisations prévoient une série d'actions de sensibilisation dans les prochaines semaines, incluant des pétitions et des campagnes sur les réseaux sociaux, pour maintenir la pression sur les autorités égyptiennes.



