Grève de la faim à Reims : Supersero rejoint la lutte contre la sérophobie
Grève de la faim : Supersero rejoint la lutte à Reims

L'influenceur niçois Nicolas Aragona, connu sous le pseudonyme « Supersero », a entamé une grève de la faim lundi 24 août 2026 à 11 heures, rejoignant Christophe Paco devant le palais de justice de Reims. Cette action vise à dénoncer les discriminations sérophobes et à obtenir une loi d'urgence. Le rendez-vous avec la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, est fixé au 2 septembre.

Un engagement né d'un « craquage » et d'un soutien indéfectible

Christophe Paco, harcelé par son voisin et confronté au classement sans suite de ses plaintes répétées, a décidé de passer à l'action. Nicolas Aragona explique : « Dès que je l'ai appris, alors qu'on a le même combat, il était hors de question qu'il se retrouve seul dans la rue. Alors je suis venu sans réfléchir. »

Ce geste marque l'aboutissement de six années d'engagement pour le trentenaire niçois, qui a utilisé un livre, des conférences et la création du Positif Festival, « le seul au monde qui lutte contre la sérophobie », pour sensibiliser le public.

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Un quotidien marqué par la discrimination et la peur

Nicolas Aragona décrit une réalité difficile à Nice, où il dit avoir le sentiment de « survivre » plutôt que de vivre. Depuis l'annonce de sa séropositivité à 21 ans, il a subi des discriminations : « À ce moment-là, c'était terrible, j'ai perdu l'intégralité de mes amis. »

Il détaille les violences quotidiennes : « À l'hôpital, certains ne veulent pas me toucher, des banques exigent des surprimes d'assurance délirantes, il y a aussi des crachats dans la rue… » Les menaces se sont intensifiées, avec des intrusions à son domicile et la diffusion de son adresse sur les réseaux sociaux.

Un influenceur au service de la communauté séropositive

Fort de ses 400 000 abonnés sur TikTok et de plus de 110 000 sur Instagram, Nicolas Aragona utilise sa notoriété pour aider d'autres personnes séropositives. Il estime soutenir dix personnes suicidaires et a même hébergé un jeune homme contraint de fuir sa ville à cause de la sérophobie.

Il résume : « Parler de sa séropositivité, c'est nous amener à une mort sociale. » Cette situation est paradoxale dans les Alpes-Maritimes, un département particulièrement touché, malgré l'objectif local de « zéro contamination » à l'horizon 2030.

Des revendications précises et un premier résultat politique

Les deux grévistes, soutenus par Sidaction et Stop Homophobie, réclament une loi d'urgence avant la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron. Ce texte devrait créer un cadre juridique pour condamner la sérophobie, protéger l'intimité des personnes vivant avec le VIH, interdire l'« outing » et réprimer le harcèlement.

Ils demandent également une journée nationale de sensibilisation, une campagne d'information publique et un plan de formation pour les forces de police. La pression porte ses fruits : la ministre Aurore Bergé a contacté les grévistes. « On a rendez-vous avec elle, au ministère, le 2 septembre », annonce Nicolas Aragona.

D'autres personnalités politiques ont répondu, comme le député Andy Kerbrat (LFI) et Jean-Luc Romero, premier homme politique français à avoir révélé sa séropositivité. « On a fait mieux en 24 heures avec Christophe que ce que j'ai jamais réussi à faire en six ans », explique Nicolas.

Les deux hommes poursuivent leur grève « au moins jusqu'à demain, 18 heures », et lancent un appel à la mobilisation devant tous les palais de justice de France ce mercredi 26 août 2026. Une pétition est également en ligne. « Les séropositifs ne sont pas le problème, ils sont la solution », martèle l'influenceur niçois.

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