Dans une tribune publiée par Libération, un collectif de photographes et de défenseurs des droits d'auteur tire la sonnette d'alarme sur la situation précaire des photographes face aux géants du numérique et à l'intelligence artificielle. Alors que la photographie est devenue un pilier de la communication visuelle, les créateurs peinent à faire respecter leurs droits et à obtenir une rémunération juste.
Un constat alarmant sur la violation des droits
Selon les signataires, les plateformes sociales et les moteurs de recherche exploitent massivement les images sans autorisation ni compensation. « Chaque jour, des millions de photographies sont utilisées sans consentement, privant les auteurs de revenus essentiels », dénoncent-ils. Cette pratique, bien que répandue, est illégale au regard du droit d'auteur, qui protège toute œuvre originale dès sa création.
L'essor de l'intelligence artificielle générative aggrave la situation. Des modèles comme DALL-E, Midjourney ou Stable Diffusion sont entraînés sur des bases de données contenant des images protégées, souvent sans l'accord des photographes. « Ces systèmes reproduisent et transforment notre travail sans notre consentement, ce qui constitue une violation massive de nos droits », alertent les auteurs de la tribune.
Des solutions concrètes pour inverser la tendance
Le collectif propose plusieurs pistes d'action. D'abord, il appelle à une application stricte des lois existantes, notamment la directive européenne sur le droit d'auteur dans le marché unique numérique (2019/790). Celle-ci impose aux plateformes de conclure des licences avec les titulaires de droits et de mettre en place des mécanismes de transparence.
Ensuite, les photographes réclament la création d'un registre centralisé des œuvres, facilitant l'identification des auteurs et la traçabilité des utilisations. « Un tel outil permettrait aux créateurs de savoir quand et comment leurs images sont utilisées, et de négocier des rémunérations équitables », expliquent-ils.
Enfin, ils exhortent les pouvoirs publics à soutenir les initiatives de rémunération collective, comme les sociétés de gestion collective des droits. « Nous avons besoin d'une meilleure régulation pour que la valeur créée par notre travail ne soit pas captée uniquement par les géants de la tech », insistent-ils.
Un appel à la mobilisation collective
Les signataires appellent l'ensemble de la profession à se mobiliser. « Il est encore temps de faire respecter nos droits, mais il faut agir vite. Chaque jour de retard fragilise un peu plus notre métier », concluent-ils. Ils espèrent que cette tribune servira de déclencheur pour une prise de conscience collective, tant auprès du grand public que des décideurs politiques.
Selon une étude récente, 70 % des photographes professionnels déclarent avoir subi une violation de leurs droits d'auteur au cours des deux dernières années. Ce chiffre illustre l'ampleur du problème et l'urgence d'agir.



