Dominique de Villepin rattrapé par ses œuvres, selon Sophia Aram
De Villepin rattrapé par ses œuvres, selon Sophia Aram

Dans sa chronique sur France Inter, l'humoriste Sophia Aram a vivement critiqué Dominique de Villepin, estimant que l'ancien Premier ministre est « rattrapé par ses œuvres ». Elle pointe une contradiction entre son discours actuel de défense de la Palestine et son passé politique, notamment son rôle dans le génocide rwandais.

Une défense de la Palestine remise en contexte

Sophia Aram s'en prend à Dominique de Villepin, qui s'est récemment illustré par une tribune appelant à la reconnaissance de l'État de Palestine. Pour elle, cette position est en décalage avec son action lorsqu'il était ministre des Affaires étrangères, en 2003-2004. « Il a été l'un des artisans de la politique française au Rwanda, où il a soutenu un régime qui a perpétré un génocide », affirme-t-elle.

La chroniqueuse rappelle que Villepin a été secrétaire général de l'Élysée sous François Mitterrand, puis ministre des Affaires étrangères sous Jacques Chirac. Elle cite des documents et des témoignages qui, selon elle, montrent que la France a livré des armes et formé des militaires rwandais, alors que les massacres se préparaient. « C'est un lourd passif que Villepin tente de faire oublier par des positions humanitaires », ajoute-t-elle.

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Un passé qui resurgit

Sophia Aram évoque le rapport Duclert, remis en 2021, qui a établi la responsabilité de la France dans le génocide des Tutsi. Selon elle, Dominique de Villepin, en tant que haut fonctionnaire, porte une part de cette responsabilité. « Il ne peut pas, aujourd'hui, donner des leçons de morale à Israël ou aux États-Unis sans que son propre bilan soit examiné », déclare-t-elle.

La chroniqueuse souligne que Villepin a été auditionné par la commission d'enquête parlementaire sur le Rwanda, mais qu'il a nié toute implication directe. « Les archives montrent le contraire », insiste-t-elle, citant des télégrammes diplomatiques et des notes de l'époque. Elle ajoute que l'ancien Premier ministre a « changé de discours » au fil des ans, passant d'une ligne pro-gouvernement rwandais à une posture de défenseur des droits de l'homme.

Une polémique qui s'installe

Cette chronique de Sophia Aram intervient alors que Dominique de Villepin multiplie les interventions médiatiques sur le conflit israélo-palestinien. Il a notamment cosigné une tribune dans Le Monde appelant à la suspension des livraisons d'armes à Israël. Pour Sophia Aram, cette prise de position est « hypocrite » au vu de son passé.

L'humoriste, connue pour ses chroniques acerbes, estime que la mémoire sélective de Villepin est « insupportable ». Elle conclut : « On ne peut pas défendre les Palestiniens aujourd'hui si on a fermé les yeux sur le génocide des Tutsi hier. » La polémique pourrait relancer le débat sur le rôle de la France au Rwanda, plus de trente ans après les faits.

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