Un drame universitaire plonge Dakar dans l'émoi
La communauté universitaire sénégalaise est sous le choc après le décès tragique d'Abdoulaye Ba, étudiant en médecine de deuxième année, survenu lundi 9 février 2026 lors de violents affrontements entre étudiants et forces de l'ordre sur le campus de l'université Cheikh Anta Diop (UCAD). En réaction à cette tragédie, les autorités ont pris la décision radicale de fermer « jusqu'à nouvel ordre » cette institution qui accueille plusieurs dizaines de milliers d'étudiants, créant un climat de tension palpable dans la capitale sénégalaise.
Des manifestations récurrentes dégénèrent en tragédie
Les étudiants de l'UCAD manifestaient régulièrement pour dénoncer les retards persistants dans le paiement de leurs arriérés de bourse, une situation qui s'inscrit dans un contexte économique national particulièrement difficile. Ces mouvements de protestation ont culminé lundi en des heurts d'une rare violence, documentés par de nombreuses vidéos diffusées massivement sur les réseaux sociaux.
Marie-Rose Khady Fatou Faye, porte-parole du gouvernement, a confirmé dans un communiqué officiel : « Des évènements graves survenus le lundi 9 février 2026 à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar ont conduit au décès de l'étudiant Abdoulaye Ba, inscrit en deuxième année de licence en médecine. » Le gouvernement n'a cependant pas précisé les circonstances exactes du décès du jeune homme, pas plus qu'il n'a mentionné la présence des forces de sécurité sur le campus dans sa déclaration officielle.
Une présence militaire massive et des accusations graves
Ce mardi, en milieu de journée, les forces de sécurité demeuraient massivement déployées aux abords de l'université, avec des blindés positionnés sur plusieurs axes d'accès. Les images circulant en ligne montrent des membres des forces de l'ordre pénétrant dans l'enceinte universitaire, utilisant des gaz lacrymogènes à l'intérieur même des pavillons d'habitation, tandis que des étudiants répliquaient par des jets de pierres.
L'Amicale des étudiants de la Faculté de médecine, de pharmacie et d'odontologie a porté des accusations extrêmement graves, affirmant qu'Abdoulaye Ba serait décédé « à la suite de tortures policières perpétrées sur sa personne ». Selon cette association étudiante, le jeune homme, qui serait en réalité étudiant en deuxième année de chirurgie dentaire, n'aurait même pas participé aux manifestations.
« Celui-ci n'était même pas sorti pour manifester, il était dans sa chambre car ne pouvant quitter le campus social envahi illégalement par les forces de l'ordre », explique l'Amicale, qui soutient que des agents des forces de l'ordre auraient « torturé » l'étudiant dans sa propre chambre avant de « le relâcher grièvement blessé ».
Appels à l'apaisement et promesse d'enquête
Face à cette crise universitaire sans précédent, le gouvernement sénégalais a lancé un appel solennel à « l'ensemble des acteurs concernés à la retenue », tout en s'engageant formellement à ce que « toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce drame ». Cette fermeture administrative de l'UCAD, l'une des plus importantes universités d'Afrique de l'Ouest, représente une mesure exceptionnelle qui souligne la gravité de la situation.
La communauté estudiantine, déjà fragilisée par les difficultés économiques et les retards de versement des bourses, se trouve désormais confrontée à un deuil collectif et à une profonde remise en question de sa sécurité au sein même de l'enceinte universitaire. Les prochains jours seront déterminants pour comprendre les véritables circonstances de cette mort et pour apaiser les tensions qui menacent de déstabiliser davantage le paysage universitaire sénégalais.



