Le gouvernement britannique a dévoilé ce mercredi 15 juillet 2026 une mesure inédite : l'instauration d'un couvre-feu numérique pour les adolescents de moins de 16 ans sur les réseaux sociaux. À partir de 2027, les plateformes comme TikTok, Instagram ou Snapchat devront bloquer l'accès à leurs services entre 22 heures et 6 heures du matin pour cette tranche d'âge. L'annonce a été faite par le secrétaire d'État à la Technologie, Peter Kyle, lors d'une conférence de presse à Londres.
Une mesure inspirée par des études sur la santé mentale
Selon Peter Kyle, cette décision s'appuie sur des recherches récentes montrant que l'utilisation nocturne des réseaux sociaux aggrave les troubles du sommeil et l'anxiété chez les jeunes. « Nous devons agir face à une crise silencieuse : un adolescent sur trois déclare se réveiller la nuit pour consulter son téléphone », a-t-il déclaré. Le gouvernement cite une étude de l'University College London, qui a suivi 10 000 adolescents pendant trois ans, révélant une corrélation directe entre l'usage tardif des réseaux sociaux et une baisse de 20 % de la qualité du sommeil.
Un cadre légal renforcé
Le couvre-feu s'inscrit dans le cadre de l'Online Safety Act, la loi britannique sur la sécurité en ligne adoptée en 2023. Les plateformes devront mettre en place des systèmes de vérification de l'âge fiables, sous peine d'amendes pouvant atteindre 10 % de leur chiffre d'affaires mondial. L'Ofcom, le régulateur des télécommunications, sera chargé de veiller à l'application de la mesure. « Les entreprises technologiques ont la responsabilité de protéger les enfants, et nous leur donnons un an pour se conformer », a ajouté le ministre.
Réactions mitigées
Les associations de protection de l'enfance saluent une avancée majeure. « C'est un pas dans la bonne direction pour réduire la pression sociale et le cyberharcèlement », a commenté Julie Inman Grant, directrice de l'ONG 5Rights. En revanche, des voix s'élèvent pour critiquer une mesure jugée liberticide. « L'État n'a pas à dicter aux parents comment éduquer leurs enfants », a réagi John Pienaar, porte-parole de l'organisation de défense des libertés numériques Big Brother Watch. Certains experts doutent également de l'efficacité technique : « Les adolescents trouveront toujours des moyens de contourner les blocages, via des VPN ou des comptes partagés », prévient le chercheur en cybersécurité Alan Woodward.
Un précédent mondial
Le Royaume-Uni devient le premier pays à imposer un tel couvre-feu numérique à l'échelle nationale. D'autres gouvernements, notamment en Australie et en France, ont déjà exprimé leur intérêt pour des mesures similaires. En France, une mission d'information parlementaire sur l'impact des écrans chez les jeunes doit rendre ses conclusions en septembre. « Nous suivons de près l'expérimentation britannique », a indiqué le ministère français de la Santé. La mesure britannique entrera en vigueur en septembre 2027, après une phase de consultation publique.



