Aurore Bergé à Jérusalem : Antisémitisme et violences sexuelles du 7 octobre au cœur des discussions
La ministre de l'Égalité et de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a effectué une visite à Jérusalem ce mardi 17 février, où les échanges ont principalement porté sur la montée inquiétante de l'antisémitisme en France et sur la non-reconnaissance internationale des violences sexuelles subies par les victimes des attentats du 7 octobre perpétrés par le Hamas.
Un traumatisme israélien face au silence international
Lors d'un entretien avec Michal Herzog, épouse du président israélien Isaac Herzog, Aurore Bergé a abordé le sujet des viols commis pendant les attaques terroristes. « C'est un vrai traumatisme en Israël », a déclaré la ministre, soulignant que les femmes victimes de ces violences sexuelles n'ont pas bénéficié du même soutien ni de la même reconnaissance que dans d'autres contextes similaires. « La dénonciation des faits a créé du silence, voire une certaine remise en question », a-t-elle ajouté, précisant que les terroristes ont pourtant documenté et revendiqué ces actes, utilisant le viol comme une arme de guerre.
Michal Herzog a remis à la ministre française un rapport officiel dédié à cette question, mettant en lumière ce qui est perçu comme un angle mort dans la réponse internationale. « Ils l'expliquent par l'obsession anti-israélienne, voire l'antisémitisme », a indiqué Aurore Bergé, s'interrogeant sur la possibilité que les violences comptent moins parce qu'elles touchent des femmes israéliennes ou juives.
La montée de l'antisémitisme en France : un sujet brûlant
La lutte contre l'antisémitisme a également été au centre des rencontres à la Knesset, le Parlement israélien. Accompagnée des députées Caroline Yadan et Constance Le Grip, présidente du groupe Amitié France-Israël, Aurore Bergé a été reçue par les coprésidents du groupe Amitié Israël-France, Karine Elharrar et Yossi Taieb. « Tous les deux nous ont spontanément assuré qu'ils n'avaient aucun doute sur l'engagement constant de la France dans la lutte contre l'antisémitisme », a rapporté la ministre, soulignant l'importance de ce message dans un contexte de tensions diplomatiques.
Interrogée sur ce qu'Emmanuel Macron qualifie d'« hydre antisémite », Aurore Bergé a pointé du doigt ce qu'elle appelle un « antisémitisme d'atmosphère », alimenté selon elle par certains partis politiques, notamment La France insoumise (LFI). « Il faut être lucide sur la part de cynisme électoral de LFI », a-t-elle affirmé, accusant le parti d'essentialiser les Français juifs et musulmans et d'entretenir une confusion entre antisémitisme et critique de la politique israélienne.
Mesures politiques et perspectives diplomatiques
La ministre a soutenu la proposition d'Emmanuel Macron d'une peine d'inéligibilité pour les candidats condamnés pour antisémitisme, la qualifiant de « mesure de salubrité publique et politique ». Elle a annoncé un débat à l'Assemblée nationale sur ce sujet, qu'elle présente comme « l'heure de vérité pour l'extrême gauche et l'extrême droite ».
Sur le plan diplomatique, Aurore Bergé a réaffirmé la position constante de la France, qui reconnaît à la fois la légitimité de l'État d'Israël et la nécessité d'un État palestinien démilitarisé. « Le Hamas ne peut en aucun cas être partie prenante de la solution », a-t-elle insisté, tout en évoquant la fragilité de la trêve et les bombardements entendus lors de sa visite au kibboutz de Nir Oz.
Cette visite à Jérusalem a ainsi permis de renforcer le dialogue entre la France et Israël, tout en mettant en lumière des sujets sensibles qui continuent de façonner les relations bilatérales et les débats politiques en France.



