Deux journalistes français travaillant pour le média d'investigation Marsactu ont été arrêtés mardi 18 août 2026 à Lomé, la capitale togolaise. Ils sont accusés par les autorités locales d'« entrée irrégulière sur le territoire » et de « complicité d'atteinte à la sécurité de l'État ». Leur garde à vue a été prolongée de 48 heures, selon une source proche du dossier.
Une enquête sur des soupçons de corruption
Les deux reporters, dont les identités n'ont pas été officiellement divulguées, enquêtaient sur des soupçons de corruption liés à des contrats miniers entre le Togo et une entreprise française. Selon Le Monde, ils avaient obtenu des documents confidentiels auprès d'une source au sein de l'administration togolaise. Leur arrestation intervient alors que les relations entre Paris et Lomé sont déjà tendues.
« Cette arrestation est un signal clair de la dégradation des relations entre la France et le Togo », a déclaré une source diplomatique française sous couvert d'anonymat. « Nous suivons cette affaire de très près et nous demandons la libération immédiate de nos ressortissants. » Les deux journalistes risquent jusqu'à dix ans de prison s'ils sont reconnus coupables.
Un contexte diplomatique fragilisé
Les tensions entre la France et le Togo se sont accrues ces derniers mois, notamment en raison de désaccords sur la politique de défense et de coopération économique. En juillet 2026, le gouvernement togolais avait expulsé un conseiller militaire français, accusé d'ingérence dans les affaires intérieures. Paris avait alors dénoncé une « décision injustifiée ».
L'arrestation des journalistes intervient également dans un contexte de répression croissante de la presse au Togo. Selon Reporters sans frontières (RSF), le pays a chuté de 10 places dans le classement mondial de la liberté de la presse en 2026, se classant désormais 123e sur 180. « Le Togo est en train de devenir un cimetière pour la liberté d'information », a commenté un porte-parole de RSF.
Des réactions internationales
L'Union européenne a exprimé sa « profonde préoccupation » face à cette arrestation. « La liberté de la presse est un pilier de la démocratie », a déclaré un porte-parole de la Commission européenne. « Nous appelons les autorités togolaises à respecter les droits fondamentaux et à libérer les deux journalistes. »
De son côté, le gouvernement togolais justifie l'arrestation par la nécessité de protéger la sécurité nationale. « Le Togo ne tolérera aucune ingérence étrangère, qu'elle soit diplomatique ou médiatique », a affirmé le ministre de la Communication, Aklesso A. dans un communiqué. « Les deux individus sont entrés illégalement sur notre territoire et ont tenté de déstabiliser notre pays. »
Les avocats des deux journalistes ont annoncé qu'ils déposeraient une demande de libération sous caution devant le tribunal de Lomé. L'audience est prévue pour le 21 août 2026. L'affaire pourrait avoir des conséquences durables sur les relations bilatérales entre la France et le Togo.



