Amnesty dénonce les préfectures comme "fabriques à sans-papiers" dans le Gard
Amnesty dénonce les préfectures comme "fabriques à sans-papiers"

La déléguée d'Amnesty international pour le Gard, Catherine Piltner, monte au créneau contre la lenteur du traitement des dossiers de séjour à la préfecture du Gard. Dans un entretien, elle affirme que les préfectures sont devenues des « fabriques à sans-papiers » et demande audience au préfet, restée sans réponse depuis le 10 mai.

Une campagne nationale pour dénoncer des procédures trop complexes

Amnesty international mène une campagne intitulée « À la merci d'un papier », qui vise à dénoncer la complexité croissante des procédures de renouvellement des titres de séjour pour les travailleurs étrangers. Selon Catherine Piltner, ces difficultés entraînent des conséquences graves : perte de droits, perte d'emploi, impossibilité de payer un logement, et passage en situation irrégulière.

L'organisation a sollicité les préfectures de toute la France pour être reçue. Dans le Gard, la demande d'audience date du 10 mai 2026, mais le préfet n'a pas encore répondu. « La préfecture a priori ne remplit aucune des conditions qui faciliteraient le traitement des renouvellements », déplore Catherine Piltner.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des travailleurs de la restauration particulièrement touchés

De nombreux travailleurs étrangers, notamment dans la restauration, sont contraints de quitter leur emploi faute de renouvellement de leur carte de séjour. « Elles ont rapidement perdu leur logement car elles ne pouvaient plus le payer », explique la déléguée. Des associations comme l'APTI, RESF ou l'Espelido viennent en aide à ces personnes, en leur trouvant des hébergements d'urgence dans des hôtels.

Le conseil d'État a mis en demeure les préfectures d'avancer sur ce dossier, et le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez a augmenté les effectifs des préfectures. Malgré cela, le Gard reste l'une des préfectures les plus rigides, selon Amnesty.

Une réforme du droit de séjour réclamée

Amnesty international revendique une réforme du droit des titres de séjour, notamment un renouvellement moins fréquent que chaque année. L'organisation critique également l'examen civique sous forme de QCM, instauré par l'ancien ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, qui s'ajoute à l'examen de français et à la lettre d'engagement. « Il faut avoir 80 % de bonnes réponses pour réussir. Je vous mets au défi d'essayer, c'est extrêmement difficile », affirme Catherine Piltner.

Depuis 2005, les lois sont devenues de plus en plus restrictives pour les travailleurs étrangers, transformant les préfectures en « fabriques à sans-papiers ».

Présence d'Amnesty au concert de Sting

Le 6 juillet, le chanteur Sting, ex-leader du groupe Police, se produira aux arènes de Nîmes. Amnesty international y tiendra un stand et déploiera une banderole, car Sting est l'un des plus gros donateurs de l'organisation, dont le siège est à Londres. « Dès qu'il fait un concert, il invite les représentants d'Amnesty », précise Catherine Piltner.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale