Le parquet national financier (PNF) a demandé le renvoi en correctionnelle de l'agent algérien des renseignements, connu sous le pseudonyme d'Amir Dz, dans une affaire d'espionnage présumé visant des opposants au régime d'Alger. Ce revirement intervient après qu'un non-lieu avait été prononcé en 2022, une décision qui avait suscité l'étonnement.
Une enquête relancée
Selon une source proche du dossier, le PNF estime désormais que les charges sont suffisantes pour poursuivre l'agent algérien. L'affaire remonte à 2016, lorsqu'Amir Dz avait été interpellé en France pour avoir prétendument tenté de recruter des informateurs parmi la communauté algérienne. Il était également soupçonné d'avoir surveillé des opposants politiques.
Le parquet avait initialement requis un non-lieu en 2022, mais les juges d'instruction ont décidé de rouvrir le dossier après la découverte de nouveaux éléments, notamment des écoutes téléphoniques et des témoignages de victimes présumées.
Des accusations d'espionnage
Amir Dz est accusé d'avoir agi pour le compte de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) algérienne. Les faits qui lui sont reprochés incluent la collecte d'informations sur des militants des droits de l'homme et des journalistes critiques envers le régime algérien. Selon l'accusation, il aurait utilisé des méthodes de manipulation psychologique pour obtenir des renseignements.
« C'est une décision importante pour la protection de nos libertés publiques », a déclaré Me Jean-Baptiste Soufron, avocat de parties civiles. « Elle montre que la justice française ne tolère pas les ingérences étrangères sur son sol. »
Impact et suites judiciaires
La demande de renvoi en correctionnelle signifie qu'un procès pourrait avoir lieu dans les mois à venir. Si Amir Dz est reconnu coupable, il encourt jusqu'à dix ans de prison et 150 000 euros d'amende. Cette affaire est suivie de près par les organisations de défense des droits de l'homme, qui y voient un test pour la souveraineté judiciaire française face aux ingérences étrangères.
L'agent algérien, qui a toujours nié les faits, reste présumé innocent. Son avocat, Me Franck Berton, a dénoncé un « acharnement médiatique et judiciaire » et a annoncé qu'il contesterait la décision.



