Rafle du Vél' d'Hiv : 84 ans après, l'antisémitisme persiste et la gauche trop silencieuse
84 ans après la Rafle du Vél' d'Hiv, l'antisémitisme persiste

Le 16 juillet 1942, la police française arrêtait plus de 13 000 juifs à Paris, dont 4 000 enfants, lors de la Rafle du Vél' d'Hiv. 84 ans plus tard, la mémoire de cet événement reste vive, mais l'antisémitisme n'a pas disparu. Au contraire, il connaît une résurgence alarmante, et une partie de la gauche est accusée de rester trop silencieuse face à ce fléau.

Une hausse des actes antisémites en France

Selon le Service de protection de la communauté juive (SPCJ), les actes antisémites ont augmenté de 74 % en 2023 par rapport à 2022, avec 1 676 incidents recensés. Cette tendance se poursuit en 2024, avec une multiplication par trois des actes antisémites au premier semestre par rapport à la même période de l'année précédente. Ces chiffres, rapportés par le ministère de l'Intérieur, témoignent d'un climat de plus en plus hostile envers la communauté juive.

La gauche face à l'antisémitisme : un silence assourdissant ?

Dans une tribune publiée par Libération, plusieurs intellectuels et personnalités politiques dénoncent le silence de la gauche sur la question de l'antisémitisme. « Alors que les juifs sont de nouveau pris pour cibles, une partie de la gauche semble avoir oublié ses valeurs universalistes », écrivent-ils. Ils pointent du doigt la complaisance de certains courants de gauche envers l'antisionisme, qui servirait parfois de paravent à l'antisémitisme.

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« Il est insupportable de voir des camarades de gauche justifier des actes antisémites sous prétexte de solidarité avec la cause palestinienne », ajoute un des signataires, sous couvert d'anonymat. Cette critique intervient alors que plusieurs manifestations propalestiniennes ont été entachées de slogans antisémites, sans que la gauche ne réagisse fermement.

Un appel à la mobilisation

Les signataires de la tribune appellent la gauche à « sortir de son mutisme » et à « réaffirmer avec force son opposition à toutes les formes de racisme, y compris l'antisémitisme ». Ils rappellent que la lutte contre l'antisémitisme est indissociable du combat contre toutes les discriminations.

« Nous ne pouvons pas laisser la mémoire du Vél' d'Hiv être salie par l'indifférence. Il est temps que la gauche prenne ses responsabilités », conclut la tribune. Ce message intervient à quelques jours des commémorations officielles, qui se tiendront au Mémorial de la Shoah à Paris.

Les réactions politiques

La tribune a suscité des réactions contrastées. Le député LFI David Guiraud a dénoncé une « instrumentalisation politique » de la mémoire de la Rafle, tandis que la socialiste Valérie Rabault a appelé à « une union sacrée contre l'antisémitisme ». Le gouvernement, par la voix de la secrétaire d'État chargée de la Lutte contre les discriminations, a salué « une prise de conscience nécessaire ».

Pour l'historien Laurent Joly, spécialiste de la Rafle du Vél' d'Hiv, « la mémoire de cet événement doit servir de rempart contre la banalisation de la haine. Il est essentiel que tous les partis politiques, y compris la gauche, s'engagent résolument contre l'antisémitisme ». Il rappelle que la Rafle du Vél' d'Hiv fut organisée par le régime de Vichy, avec la complicité de la police française, et que ce passé ne doit pas être oublié.

Alors que les commémorations approchent, le débat sur l'antisémitisme et le rôle de la gauche reste plus que jamais d'actualité. La mémoire des 13 000 victimes de la Rafle impose une vigilance constante contre toutes les formes de haine.

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