Trois jeunes scouts de Menton, Elza Le Floh, Céleste Perotteau-Giraud et Wyatt Lelouche, sont partis en juillet pour Xuyen Moc, au sud-est du Vietnam, afin d'aider des enfants défavorisés. Pendant trois semaines, ils ont donné des cours d'anglais, organisé des activités et participé à des distributions. De retour, ils témoignent d'une expérience qui les a profondément marqués.
Un programme dense auprès d'enfants défavorisés
Le projet, préparé pendant des mois avec l'association Rance Mékong Garonne, s'est déroulé sur place avec un rythme soutenu. Chaque matin, une vingtaine d'enfants âgés de 10 à 15 ans attendaient les scouts pour des cours d'anglais gratuits. « Au fil des jours, on les a vus prendre confiance et s'exprimer davantage », racontent les trois jeunes. Les après-midis étaient consacrés aux activités sportives et ludiques.
Le soir, le trio retrouvait Anna Vo, leur relais sur place. Cette Vietnamienne accueille plusieurs enfants, « dont trois orphelins qu'elle a adoptés ». Elle a également aménagé un atelier de couture chez elle « pour subvenir aux besoins de la maison et aider d'autres familles ». Dans ce cadre, les scouts ont rapidement trouvé leurs marques : « On a rapidement eu l'impression d'être chez nous. Les enfants venaient nous chercher pour jouer et nous faisaient découvrir leur quotidien. »
Des rencontres marquantes et des leçons de vie
Au cours de leur séjour, Elza, Céleste et Wyatt ont rencontré plusieurs familles soutenues par Rance Mékong Garonne, ou en attente de parrainage. Ils ont participé à des distributions de paniers alimentaires, de vêtements et de bourses scolaires. « Derrière chaque enfant, il y a une histoire et une réalité familiale que l'on ne peut vraiment comprendre qu'en allant sur place », confient-ils.
Âgés de 17 et 18 ans, les trois scouts ont été confrontés à un contraste fort avec leur vie en France. Ils ont rencontré des familles avec peu de moyens matériels, mais qui prenaient toujours le temps de les recevoir et de partager. « Cela nous a fait réfléchir à notre rapport au confort et à la consommation. » Ils ont aussi repensé leur manière d'aider : donner de l'argent et du matériel pour construire une école au Vietnam a du sens, mais « être présent, écouter, jouer avec les enfants et créer du lien a également beaucoup de valeur. »
Un lien concret avec la solidarité locale
L'un des moments les plus symboliques du voyage ramène les scouts à Roquebrune-Cap-Martin. Quelques mois plus tôt, l'Institution Saint-Joseph, où ils étaient scolarisés, avait organisé une opération « bol de riz » au profit notamment de Rance Mékong Garonne. Une partie des fonds récoltés a permis de parrainer Hai Dang, l'un des enfants rencontrés sur place. « Voir concrètement les conséquences de la solidarité entre la France et le Vietnam a donné beaucoup de sens à notre mission », confient les bacheliers.
Les trois scouts repartent avec un diplôme d'action humanitaire remis par l'association, une « reconnaissance symbolique » qui marque un projet mené jusqu'au bout. Cette aventure a mis à l'épreuve les valeurs apprises au fil des années : l'autonomie, le service, la responsabilité, l'adaptation et la vie en équipe. Elle leur a aussi prouvé qu'ils étaient capables de partir à l'autre bout du monde, sans adulte, pour aider les autres.
L'envie de continuer l'engagement
Le Vietnam leur a ouvert un nouveau monde. Tous trois comptent continuer à soutenir Rance Mékong Garonne et disent avoir envie de s'engager dans d'autres projets associatifs. Une nouvelle mission internationale n'est pas exclue. Elza, Céleste et Wyatt souhaitent aussi raconter ce qu'ils ont vécu à d'autres jeunes. « Nous souhaitons leur montrer qu'il est possible de se lancer et leur donner peut-être envie de s'engager ». Car s'ils devaient retenir une chose de leur voyage humanitaire, c'est que chacun, à son échelle, peut apporter sa pierre à l'édifice, à condition d'y croire et d'en avoir envie.



