L’Ukraine enverra des renforts dans ses régions du nord et intensifiera la pression diplomatique sur la Biélorussie, afin de contrer ce que Kiev considère comme des projets russes de lancer une nouvelle offensive au nord de la capitale, a déclaré le président Volodymyr Zelensky, mercredi 20 mai. Ce dernier a indiqué que Kiev avait pris connaissance de cinq scénarios élaborés par la Russie pour étendre la guerre par le nord.
Analyse des plans russes
"Nous avons analysé en détail les données disponibles de nos services de renseignement concernant la planification par la Russie d’opérations offensives dans la direction Tchernihiv-Kiev", a précisé le dirigeant ukrainien sur X, en référence à une ville située au nord de la capitale sur l’autoroute menant à la Biélorussie. "Nos forces dans ce secteur seront renforcées", a-t-il annoncé.
Menace potentielle venue du nord
Ces dernières semaines, Volodymyr Zelensky a multiplié les avertissements concernant une menace potentielle venant du nord de l’Ukraine depuis la Biélorussie, proche alliée de la Russie. Il a affirmé que l’Ukraine avait observé une activité inhabituelle à la frontière, sans donner davantage de détails. Oleksandr Syrskyi, commandant en chef des armées ukrainiennes, a expliqué mardi que Kiev disposait d’informations selon lesquelles l’état-major russe calculait activement et préparait des opérations offensives depuis le nord. Ni la Russie ni la Biélorussie n’ont fait de commentaire dans l’immédiat.
Implication croissante de la Biélorussie
Pour le dirigeant ukrainien, Moscou chercherait à entraîner davantage la Biélorussie dans la guerre. Même si cette dernière n’avait pas participé à l’invasion de l’Ukraine en février 2022, elle avait laissé l’armée russe utiliser son sol et ses infrastructures pour déferler vers Kiev, la capitale n’étant qu’à une centaine de kilomètres de la frontière. Plus de quatre ans plus tard, certains signes laissent entendre qu’elle pourrait désormais bientôt passer à l’action.
Activité militaire en hausse
"L’activité militaire en Biélorussie a augmenté, a indiqué le 17 avril le président ukrainien. Selon les renseignements, la construction de routes vers le territoire ukrainien et le développement de positions d’artillerie sont en cours dans les zones frontalières biélorusses." Le ministère ukrainien des Affaires étrangères préparera "des mesures supplémentaires d’influence diplomatique concernant la Biélorussie", a-t-il également ajouté ce mercredi, sans préciser lesquelles. S’exprimant plus tard dans son allocution vidéo nocturne, Volodymyr Zelensky a déclaré qu’il était "lassant" qu’il existe constamment une telle menace pour l’Ukraine. "Ils doivent comprendre qu’il y aura des conséquences pour eux, et qu’elles seront significatives."
Un fidèle soutien de Moscou
Minsk, la capitale de la Biélorussie, est restée un fidèle soutien de Moscou dans cette guerre. Par le passé, des drones russes ont traversé la Biélorussie lors d’attaques contre l’Ukraine, et Minsk a annoncé avoir déployé le système russe de missiles balistiques hypersoniques de portée intermédiaire Oreshnik. En outre, Alexandre Loukachenko, son dirigeant, a déclaré vouloir augmenter la taille de son armée, disant se "préparer" à la guerre. Elle devra compter "500 000 personnes en cas de conflit", contre moins de 200 000 aujourd’hui.
Pas de mouvement direct à la frontière
"À ce stade, nous n’avons détecté aucun mouvement d’équipement ou de personnel directement à notre frontière, mais bien sûr, nous pouvons voir la pression que la Russie exerce sur la Biélorussie", a exprimé le porte-parole des gardes-frontières ukrainiens, Andriy Demchenko, mercredi. L'inquiétude est d'autant plus forte que la Russie a livré des munitions nucléaires à des installations de stockage en Biélorussie, dans le cadre d'importants exercices nucléaires, a annoncé jeudi le ministère russe de la Défense.



