Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé le limogeage du commandant en chef des forces armées, le général Oleksandr Syrsky, et sa nomination au poste de chef d'état-major. Il est remplacé par le général Mykhaïlo Drapaty, jusqu'alors commandant des forces terrestres. Cette décision, annoncée le 15 mars 2025, intervient dans un contexte de tensions croissantes sur le front et de critiques sur la gestion de la guerre.
Un remaniement au sommet de l'armée
Selon un décret publié sur le site de la présidence, Syrsky, qui dirigeait l'armée depuis février 2024, devient chef d'état-major, un poste plus stratégique. Drapaty, 48 ans, prend la tête des forces armées. Zelensky a justifié ce changement par la nécessité de « renouveler la direction militaire pour répondre aux défis actuels ». Le président a remercié Syrsky pour son service, mais a souligné que « de nouvelles approches sont nécessaires face à l'agression russe ».
Les raisons du limogeage
Le limogeage de Syrsky intervient après une série de revers militaires, notamment la perte de la ville de Koupiansk en janvier 2025 et des difficultés sur le front de l'Est. Selon des sources proches du ministère de la Défense, Zelensky aurait exprimé son mécontentement face à la lenteur des contre-offensives et à la gestion des ressources. Un responsable ukrainien, sous couvert d'anonymat, a déclaré : « Syrsky était perçu comme trop défensif, alors que nous avons besoin de commandants plus agressifs pour reprendre l'initiative. »
Le profil de Mykhaïlo Drapaty
Le général Drapaty est un vétéran de la guerre du Donbass, connu pour avoir dirigé avec succès la défense de Kharkiv en 2022. Il a également commandé les forces terrestres depuis 2023, où il a mis en œuvre des réformes de modernisation. Dans un communiqué, Drapaty a promis de « renforcer la coordination entre les unités et d'intensifier les opérations offensives ». Son expérience sur le terrain est vue comme un atout pour remobiliser les troupes.
Réactions et implications
Ce remaniement a suscité des réactions mitigées. L'analyste militaire ukrainien Oleksandr Kovalenko a estimé que « Drapaty est un choix judicieux, mais le problème principal reste le manque de munitions et de soutien aérien ». Les États-Unis, via un porte-parole du Pentagone, ont salué « une décision souveraine de l'Ukraine » et réaffirmé leur soutien. En Russie, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que « ces changements ne changeront rien à l'issue du conflit ».
Un contexte de guerre prolongée
Depuis le début de l'invasion russe en février 2022, l'Ukraine a connu plusieurs changements de commandement. En juillet 2024, le général Valeri Zaloujny avait été limogé après des désaccords avec Zelensky. Syrsky, son successeur, n'aura tenu qu'un an. Ce nouveau limogeage intervient alors que les forces russes ont gagné du terrain dans l'Est, avec la prise de Vouhledar en février 2025. Selon des données du ministère de la Défense ukrainien, les pertes ukrainiennes s'élèvent à environ 43 000 soldats tués depuis le début de l'année.
Prochaines étapes
Drapaty devra rapidement faire face à plusieurs défis : stabiliser le front, intégrer les nouvelles brigades formées à l'Ouest, et gérer les tensions avec les alliés sur les livraisons d'armes. Une réunion du Groupe de contact pour la défense de l'Ukraine est prévue le 20 mars à Ramstein. Zelensky a indiqué que Drapaty présenterait un nouveau plan militaire lors de cette réunion.



