Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a averti mardi l'aviation civile et les partenaires de Kiev que les drones ukrainiens rendraient dangereux d'emprunter l'espace aérien russe. Son homologue russe, Vladimir Poutine, a immédiatement qualifié cet avertissement de « terroriste ». Cette escalade verbale intervient alors que les armes parlent depuis plus de quatre ans, laissant peu d'espoir aux efforts diplomatiques, notamment américains.
Kiev a intensifié ces derniers mois ses frappes en Russie et sur ses territoires occupés par Moscou, visant particulièrement des entrepôts logistiques et des sites pétroliers et portuaires. Ces attaques provoquent aussi régulièrement des interruptions du trafic aérien au départ et à l'arrivée des grands aéroports russes.
Un ciel russe « infesté de drones »
« L'Ukraine ne veut pas que des vies innocentes soient perdues. C'est pourquoi nous avertissons nos partenaires : les jours sûrs dans le ciel russe sont révolus », a déclaré Volodymyr Zelensky. « Le ciel au-dessus de la Russie est actuellement pour les drones. Pas pour l'aviation civile. Tant que la guerre continue », a-t-il insisté, tout en précisant que si elle n'était pas visée « en soi », l'aviation civile n'avait « pas sa place dans un ciel infesté de drones ».
De son côté, Vladimir Poutine a réagi lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghizistan. « L'adversaire a commencé à mener des frappes contre nos infrastructures civiles, y compris des raffineries. Est-ce qu'elles ont fait des dégâts ? Oui. Et pourquoi ? Entre autres raisons, surtout parce qu'elles n'étaient pas protégées », a-t-il déclaré, évoquant une nouvelle mesure pour renforcer la protection des « infrastructures d'importance critique ».
De nombreuses victimes civiles
Le dirigeant ukrainien a affirmé que ces frappes de drones étaient une réponse « juste » au « désir de la Russie de prolonger la guerre », l'accusant de « terreur contre les civils ». Interrogé sur ces propos, Vladimir Poutine a estimé qu'il s'agissait d'une « déclaration de terrorisme d'État » et affirmé qu'on « ne négocie pas avec les terroristes ». « Si de telles tragédies se produisent, nous saurons comment répondre », a-t-il ajouté.
Plus de quatre ans après le début de son invasion de l'Ukraine, la Russie poursuit ses frappes contre le pays, notamment avec des missiles balistiques que Kiev peine à intercepter faute de munitions pour ses systèmes de défense antiaériens. Ces attaques font de nombreuses victimes civiles. Des frappes russes dans la nuit de lundi à mardi ont ainsi fait au moins 12 morts à Kiev et dans ses environs.



