Robert Zaretsky : l'âge d'or des intellectuels français est révolu
Zaretsky : l'âge d'or des intellectuels français est révolu

Robert Zaretsky, professeur d'histoire au Honors College de l'université de Houston, affirme que l'âge d'or des intellectuels français est révolu. Dans un article publié par le magazine Foreign Policy, ce spécialiste de la pensée européenne analyse les raisons de ce déclin, de l'entre-deux-guerres à l'avènement de la télévision, en passant par la chute du mur de Berlin.

Un déclin historique

Zaretsky revient sur des moments fondateurs de la vie intellectuelle française, comme l'affaire Calas ou l'affaire Dreyfus. À cette époque, selon lui, « une poignée d'individus pouvait véritablement influencer la politique. Ce qui serait difficile à imaginer aujourd'hui ». Il souligne que des figures comme Voltaire ou Zola avaient un poids considérable dans les débats publics, un poids qui s'est progressivement érodé.

Le basculement vers la célébrité

Le professeur identifie un groupe emblématique de ce basculement de la « cérébralité à la célébrité » : celui des « nouveaux philosophes », avec notamment André Glucksmann et Bernard-Henri Lévy. Selon lui, ces intellectuels ont marqué un tournant où la notoriété médiatique a pris le pas sur la profondeur de la pensée. Ce phénomène s'est accentué avec l'essor de la télévision et des réseaux sociaux.

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Conséquences pour la démocratie

Cette perte d'influence n'est pas sans conséquence sur la vie démocratique. Zaretsky estime que le rôle de l'intellectuel comme contre-pouvoir s'affaiblit, au profit d'une pensée plus superficielle et moins engagée. Il appelle à une renaissance de l'engagement intellectuel, seul capable de redonner du poids à la parole publique dans un monde saturé d'images et de bruit.

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