Une attaque massive de drones et missiles ukrainiens a visé pendant la nuit de vendredi 3 à samedi 4 juillet la Russie, en particulier la région de Saint-Pétersbourg, Moscou promettant de riposter à ces frappes intervenant quelques jours après des bombardements meurtriers sur Kiev. Parallèlement, l'armée ukrainienne a démenti l'annonce faite vendredi par Moscou de la prise de la ville ukrainienne de Kostyantynivka, actuellement l'épicentre des combats sur le front.
Pas de dégâts majeurs, selon les Russes
Dans un communiqué, l'armée russe a indiqué avoir abattu pendant la nuit 494 drones et 10 missiles longue-portée « Flamingo » ukrainiens, ainsi que 9 munitions de lance-roquettes multiples HIMARS fournis par Washington à Kiev. Ces bombardements n'ont pas fait de victimes ni de dégâts majeurs, selon les autorités russes. Le ministère russe de la Défense a néanmoins assuré que cette « tentative (du président ukrainien) V. Zelensky d'endommager des infrastructures civiles » en Russie « ne restera pas sans réponse appropriée ».
70 drones sur Saint-Pétersbourg
Environ 70 drones ukrainiens ont été neutralisés au-dessus de Saint-Pétersbourg, a annoncé le gouverneur de la ville, Alexandre Beglov. Selon lui, un drone y a touché la zone d'un terminal pétrolier, causant des problèmes « techniques » « résolus » et sans faire de victimes. Un drone abattu s'est par ailleurs écrasé sur le site du complexe historique du palais de Peterhof, près de Saint-Pétersbourg, sans faire de dégâts ni de victimes, toujours d'après Alexandre Beglov. Des débris de drone sont également tombés près du port russe de Vysotsk, près de la frontière avec la Finlande, a indiqué Alexandre Drozdenko, le gouverneur de la région de Leningrad. Selon l'armée russe, les frappes ukrainiennes ont visé une douzaine de régions, dont celle de Moscou, tout en provoquant des coupures d'électricité et d'eau dans la région frontalière de Belgorod.
Des infrastructures pétrolières portuaires frappées, selon Zelensky
De son côté, Volodymyr Zelensky a affirmé que la base navale de Kronstadt à Saint-Pétersbourg avait été touchée lors des frappes. « Les forces de défense de l'Ukraine ont frappé des infrastructures pétrolières portuaires qui génèrent des revenus pour la guerre menée par la Russie, et il y a également eu des frappes réussies sur Kronstadt - une cible militaire importante », a déclaré le dirigeant ukrainien. Ces attaques ont entraîné la fermeture pendant plusieurs heures de trois aéroports du nord-ouest de la Russie (Kaliningrad, Pskov, Saint-Pétersbourg), a indiqué l'agence russe de l'aviation civile. Ces dernières semaines, Kiev a intensifié ces frappes en profondeur en représailles aux bombardements du Kremlin qui endeuillent quasi quotidiennement son territoire depuis le début de l'offensive russe à grande échelle contre l'Ukraine, en février 2022.
Un nouveau bombardement russe fait des victimes à Soumy
Un nouveau bombardement russe a fait au moins 4 morts et 33 blessés vendredi soir dans le centre de Soumy, une ville du nord-est de l'Ukraine, selon le dernier bilan des autorités locales. Sur le terrain, la ligne de front est restée largement inchangée en juin en Ukraine, dans la continuité d'une perte d'élan des troupes russes ces derniers mois, selon l'analyse par l'AFP des données de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW).
La ville de Kostyantynivka reste tenue, affirme Kiev
Dans la région ukrainienne de Donetsk (est), l'armée russe concentre ses efforts à Kostyantynivka. Cette cité est l'un des derniers verrous sur le chemin vers les grandes villes de Kramatorsk et Sloviansk, sous contrôle ukrainien, dont la capture est l'objectif ultime du Kremlin dans le Donbass. Ce samedi, Kiev a démenti la chute de Kostyantynivka, annoncée la veille par Moscou. « Les soldats ukrainiens continuent de tenir leurs positions le long des lignes de défense établies. La situation reste difficile mais elle (la ville de Kostyantynivka, ndlr) est sous le contrôle des Forces de défense ukrainiennes », a affirmé à l'AFP le porte-parole de l'armée ukrainienne, Andriï Kovaliov. « De petits groupes d'infanterie (d'une à trois personnes) ont réussi à s'infiltrer profondément dans les formations de combat des forces ukrainiennes » dans cette ville, mais ces groupes sont en train d'être « repérés et éliminés », a-t-il ajouté.
« Mensonge » de Poutine
Volodymyr Zelensky a, lui, qualifié la revendication russe de « mensonge », au lendemain de l'apparition à la télévision de son homologue russe Vladimir Poutine en uniforme militaire, remerciant ses troupes pour la prise de la ville, d'une « importance stratégique majeure ». Ce samedi matin, lors d'un compte-rendu devant la presse à Moscou, le général Sergueï Roudskoï, adjoint du chef de l'état-major russe, a soutenu que les troupes du Kremlin se trouvaient « dans toutes les parties » de Kostyantynivka et poursuivaient « sans pause » leur offensive pour s'emparer de la cité voisine de Droujkivka, un autre bastion des forces ukrainiennes.



