Ukraine : 105 navires russes détruits en mer d'Azov en 8 jours
Ukraine : 105 navires russes détruits en mer d'Azov

L'Ukraine a intensifié ses frappes contre la flotte fantôme russe en mer d'Azov, revendiquant la destruction de 105 navires en huit jours. Le chef de l'unité de dronistes ukrainiens, Robert Brovdi, connu sous le surnom de "Magyar", a annoncé sur Telegram le 13 juillet que l'opération MoLoChKa se poursuivrait jusqu'à ce que la flotte de l'ombre russe soit éliminée de la mer d'Azov. Ces frappes ont principalement visé des pétroliers utilisés par Moscou pour contourner les sanctions occidentales en transportant clandestinement du pétrole et du gaz.

Des drones navals Sea Baby en action

Pour mener cette offensive, l'Ukraine a utilisé ses drones navals sans équipage Sea Baby, capables de parcourir jusqu'à 1 500 kilomètres avec une charge explosive de 2 000 kilogrammes. Ces engins, moins coûteux et plus difficiles à intercepter, ont permis de cibler efficacement les navires russes. Selon Robert Brovdi, "105 navires ont été détruits en 8 jours" par les systèmes sans pilote de l'armée ukrainienne.

Le Kremlin suspend le trafic maritime

En réponse à ces attaques, le Kremlin a suspendu le trafic maritime dans le détroit de Kertch et le canal de Don-Azov à partir du 10 juillet, selon Reuters. Une autre source a toutefois indiqué que la circulation était restreinte pour des raisons de sécurité, sans être totalement interrompue. Cette perturbation a eu un impact immédiat sur les marchés : le prix du blé sur Euronext a grimpé de près de 4 %, atteignant son plus haut niveau en six semaines.

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Une importance stratégique majeure

La mer d'Azov, bien que peu profonde et de taille modeste, revêt une importance stratégique, économique et symbolique pour les deux pays, comme le souligne le professeur Martin Motte du Centre d'études stratégiques de la Marine. Moscou y achemine du pétrole, des céréales et de l'acier vers les marchés internationaux. En perturbant ce transit, Kiev nuit non seulement à l'économie russe mais aussi au ravitaillement militaire des forces russes dans le sud de l'Ukraine.

Neutraliser la Russie : un objectif à long terme

Yevgeniya Gaber, chercheuse principale au sein du groupe de réflexion Atlantic Council, a déclaré au Guardian : "L'objectif est de dégrader progressivement la capacité de la Russie à mener des opérations offensives en perturbant la logistique, l’approvisionnement en carburant et les infrastructures de transport, et en isolant les unités militaires du sud de l'Ukraine." Elle a ajouté : "Il n’y a plus une seule raffinerie de pétrole qui n'ait pas été touchée à ce jour. La logistique maritime en mer d’Azov, tout cela s’inscrit dans la même stratégie et le même concept opérationnel, à savoir la neutralisation stratégique de la Russie."

Des frappes étendues à la Crimée

Les frappes ukrainiennes ne se sont pas limitées à la mer d'Azov. Robert Brovdi a également signalé que "53 cibles militaires légitimes ont été neutralisées pendant la nuit, dans la zone d’opération ennemie en Crimée et dans la partie sud du territoire temporairement occupé, notamment des navires et des installations énergétiques." Kiev espère ainsi paralyser le ravitaillement militaire russe en bombardant les axes routiers et ferroviaires de la péninsule de Crimée.

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