Trump annonce une taxe de 20% sur le détroit d'Ormuz
Ce lundi 13 juillet, le président américain Donald Trump a dévoilé une série de mesures concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures. Lors d'une interview accordée à Fox News, il a déclaré que les États-Unis deviendraient « les gardiens du détroit » et qu'ils seraient désormais rémunérés pour cette protection. « Nous allons être payés pour le protéger. Une somme importante ; nous voulons simplement être remboursés pour tout cela, pour avoir exposé nos troupes au danger », a-t-il affirmé.
Sur son réseau Truth Social, Trump a précisé vouloir instaurer une taxe de 20 % sur la valeur des cargaisons transitant par cette voie maritime. « Par souci d'équité, ils percevront une rémunération correspondant à 20 % de la valeur des cargaisons », a-t-il écrit. Il a également annoncé le rétablissement du « blocus iranien », qu'il définit comme une mesure empêchant les navires iraniens ou leurs clients d'entrer ou de sortir du détroit.
Tensions avec l'Iran et reprise des affrontements
Les déclarations de Trump contredisent directement la position de l'Iran, qui assure que le détroit est fermé « jusqu'à nouvel ordre » après une reprise des affrontements d'une intensité inédite depuis le cessez-le-feu d'avril. Ce lundi, deux personnes ont été tuées par des frappes américaines dans une région pétrolifère iranienne proche du Koweït et de l'Irak, selon les agences iraniennes Fars et Tasnim, qui dénombrent également trois blessés.
Le détroit d'Ormuz, par lequel transitait auparavant un cinquième du brut mondial, constitue un point de discorde majeur entre Washington et Téhéran. Trump a dénoncé les méthodes des négociateurs iraniens, les accusant de revenir sur des engagements pris lors de discussions marathon de 11 heures tenues la veille. « Hier, ils ont tenu une réunion de 11 heures. […] Tout avait été acté hier. Puis ils quittent la salle, rappellent et disent qu'ils doivent apporter quelques modifications », a-t-il déclaré, sans préciser la nature des changements.
Réaction de l'Iran et médiations en cours
La diplomatie iranienne accuse les États-Unis d'être responsables du « retour de l'insécurité » dans le détroit. Le porte-parole des forces armées, Ebrahim Zolfaghari, a déclaré que Téhéran « ne permettra en aucune circonstance » aux États-Unis de s'immiscer dans la gestion de la voie maritime. Il a également averti les pays du Golfe que toute coopération avec Washington serait considérée comme « un acte de guerre ».
Malgré ces tensions, l'Iran a assuré poursuivre les consultations avec les médiateurs qataris, pakistanais et omanais afin de « prévenir une escalade ». Le pays cherche à éviter une confrontation directe tout en maintenant sa position ferme sur le contrôle du détroit.
Impact économique et conséquences
Les annonces de Trump ont déjà eu un impact sur les marchés pétroliers, le prix du baril repartant à la hausse. Le détroit d'Ormuz est un passage crucial pour le transport du pétrole brut, et toute perturbation de son trafic a des répercussions mondiales. La taxe de 20 % proposée par Trump pourrait renchérir considérablement le coût des hydrocarbures et des marchandises transitant par cette route.
Par ailleurs, la reprise des frappes et le rétablissement du blocus naval risquent d'aggraver la situation humanitaire en Iran et dans la région. Les voisins du Golfe, déjà touchés par des échanges de tirs, pourraient être entraînés dans une escalade plus large.



