Le président américain Donald Trump a multiplié les menaces contre l'Iran ces dernières semaines, mais sans parvenir à prendre l'ascendant militaire, selon des experts. Depuis le retrait américain de l'accord nucléaire iranien en 2018, les tensions n'ont cessé de croître, avec des échanges de frappes et des cyberattaques.
Une escalade verbale sans précédent
Dans une série de tweets et de déclarations publiques, Trump a menacé de "rayer de la carte" certaines installations iraniennes si Téhéran poursuivait son programme nucléaire. "L'Iran ne doit jamais avoir l'arme nucléaire", a-t-il déclaré lors d'un meeting en Floride, ajoutant que les États-Unis étaient "prêts à agir militairement".
Cependant, selon le général à la retraite John Allen, ancien commandant des forces américaines en Afghanistan, "ces menaces sont en grande partie rhétoriques et ne correspondent pas à une capacité militaire réelle". Il souligne que les États-Unis sont déjà engagés dans plusieurs conflits et que les ressources sont limitées.
Des experts sceptiques sur une action militaire
Plusieurs analystes estiment que les menaces de Trump visent surtout à faire pression sur l'Iran en vue de négociations. "C'est une stratégie de négociation classique : montrer sa force pour obtenir des concessions", explique Suzanne Maloney, spécialiste de l'Iran à la Brookings Institution. Mais cette approche comporte des risques, car elle pourrait pousser Téhéran à accélérer son programme nucléaire.
Selon des sources diplomatiques, l'Iran a déjà enrichi de l'uranium à 60 %, un niveau proche de celui nécessaire pour une bombe. "La fenêtre de tir se rétrécit", avertit un responsable américain sous couvert d'anonymat.
Un rapport de forces défavorable aux États-Unis
Militairement, les États-Unis disposent d'une supériorité écrasante, mais une intervention terrestre serait coûteuse et impopulaire. "L'opinion publique américaine est fatiguée des guerres au Moyen-Orient", rappelle le sénateur démocrate Chris Murphy. De plus, l'Iran dispose de capacités de représailles, notamment via ses alliés régionaux (Hezbollah, milices en Irak).
Enfin, la communauté internationale est divisée : les Européens tentent de sauver l'accord nucléaire, tandis que la Russie et la Chine soutiennent Téhéran. "Les menaces de Trump isolent les États-Unis plutôt qu'elles ne les renforcent", conclut Maloney.



