Le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, a annoncé leur dissolution, une décision qualifiée d'« absolument historique » par le président de transition, Ahmad al-Chareh. Cette annonce, faite le 26 août 2026, marque un tournant dans le conflit syrien et ouvre la voie à une intégration des combattants kurdes dans les institutions de l'État.
Une annonce majeure pour l'avenir de la Syrie
Mazloum Abdi, commandant en chef des FDS, a déclaré que « les Forces démocratiques syriennes annoncent leur dissolution » lors d'une conférence de presse tenue à Hassaké, dans le nord-est de la Syrie. Selon lui, cette décision a été prise en coordination avec les autorités de transition à Damas, dans le but de « préserver l'unité de la Syrie et de renforcer la sécurité dans toutes les régions ».
Cette dissolution intervient après des mois de négociations entre les FDS et le gouvernement de transition, dirigé par Ahmad al-Chareh. Les FDS, dominées par les combattants kurdes, contrôlaient une vaste région du nord-est de la Syrie, riche en ressources pétrolières et agricoles, depuis le début du conflit en 2011.
Une intégration progressive des combattants
Selon Mazloum Abdi, les combattants des FDS seront intégrés dans les forces de sécurité syriennes, conformément à un accord signé avec Damas. Il a précisé que « les combattants seront intégrés dans les institutions de l'État, en particulier dans les ministères de la Défense et de l'Intérieur ». Cette intégration devrait concerner environ 100 000 combattants, selon les estimations des médias locaux.
Cette décision a été saluée par le président de transition, Ahmad al-Chareh, qui a déclaré que la dissolution des FDS est « absolument historique ». Il a ajouté que « la Syrie entre dans une nouvelle ère de stabilité et d'unité nationale ».
Des réactions contrastées sur le terrain
Sur le terrain, la dissolution des FDS suscite des réactions contrastées. Les habitants de Hassaké et de Qamichli, principales villes de la région, ont exprimé leur inquiétude quant à l'avenir de la région. « Nous craignons que cette décision ne conduise à un vide sécuritaire », a déclaré un habitant de Hassaké, qui a requis l'anonymat. En revanche, certains observateurs estiment que cette dissolution pourrait faciliter la réunification du pays et la fin de la guerre civile.
Cette annonce intervient alors que la Syrie tente de se reconstruire après plus d'une décennie de conflit, qui a fait plus de 500 000 morts et déplacé des millions de personnes. La communauté internationale, notamment les États-Unis et la Turquie, a réagi avec prudence, appelant à une transition pacifique et à la protection des droits des Kurdes.
La dissolution des FDS, qui étaient soutenues par la coalition internationale menée par les États-Unis dans la lutte contre l'organisation État islamique, marque la fin d'une ère pour les forces kurdes en Syrie. Les prochaines semaines seront décisives pour la mise en œuvre de cet accord, avec des défis majeurs tels que la gestion des prisonniers de Daech et la réorganisation des forces de sécurité.



