Russie : la pression monte pour enrôler des civils de force
Russie : enrôlement forcé de civils, la pression monte

En Russie, les forces de sécurité n'hésitent plus à recourir à la force pour enrôler des civils contre leur gré, que ce soit dans la rue, à leur domicile ou sur leur lieu de travail, afin de les contraindre à signer des contrats militaires. Cette nouvelle campagne de recrutements forcés intervient alors que Vladimir Poutine évite de l'annoncer publiquement, par crainte de répercussions sur les élections à la Douma d'État prévues le mois prochain.

Des interpellations forcées signalées par les ONG

Mi-août, la plateforme russe de défense des droits humains Lesom, qui aide les Russes à ne pas participer à la guerre, a reçu 14 demandes d'aide de personnes affirmant avoir été interpellées et contraintes ou poussées à signer des contrats militaires par les forces de sécurité russes, soit dans des commissariats, soit directement dans des bureaux de recrutement. L'administration pénitentiaire serait également utilisée comme canal de recrutement.

Des représentants d'ONG aidant les Russes à quitter le pays signalent une forte hausse des demandes de départ depuis la mi-juillet, notamment vers la Géorgie et l'Arménie, des pays où les Russes peuvent entrer sans visa, rapporte Euronews.

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Résistance citoyenne et patrouilles de volontaires

Face à ces pressions, les habitants de plusieurs régions russes ont entamé des mesures de résistance. Certains ont formé des patrouilles de volontaires, comme à Bashmakovo, pour empêcher que leurs voisins ne soient enrôlés de force et envoyés au front, raconte Radio Free Europe. Les bénévoles se coordonnent via un groupe, qui comptait 250 personnes au début du mois, sur VK, le plus grand réseau social russe, et se relaient pour surveiller les rues 24 heures sur 24.

Des pertes massives pour l'armée russe

Depuis le début de l'invasion à grande échelle en février 2022, l'armée russe a enregistré 1,4 million de pertes (morts, blessés, disparus), dont 450 000 soldats tués, selon les estimations du Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS) basé à Washington, publiées au début de l'été. Le groupe de réflexion souligne qu'en 2026, la Russie perd plus de 30 000 militaires par mois, soit environ 3 000 de plus que les quelque 27 000 nouveaux engagés sous contrat recrutés chaque mois.

Le 15 juillet, lors d'un forum sur la défense en Pennsylvanie, le directeur de la CIA John Ratcliffe a avancé un chiffre donnant une idée de l'ampleur des pertes : l'espérance de vie moyenne d'un soldat russe fraîchement recruté sur la ligne de front en Ukraine ne serait que de 20 à 30 minutes.

Les responsables russes nient tout projet de mobilisation

De leur côté, les responsables russes nient tout nouveau projet de mobilisation. "Nous n'avons pas besoin de mobilisation de masse pour le moment ; elle n'est ni prévue ni attendue", a déclaré vendredi Vassili Nebenzia, représentant permanent de la Russie à l'ONU, avant d'ajouter : "À ma connaissance."

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