La Russie promet des ripostes militaires face au déploiement occidental au Groenland
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a lancé un avertissement solennel ce mercredi 11 février : la Russie adoptera des "contre-mesures" de nature militaire si les pays occidentaux intensifient leur présence armée au Groenland. Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de ce territoire arctique stratégique.
Un déploiement militaire européen qui inquiète Moscou
Plusieurs nations européennes, dont la France, la Suède, l'Allemagne, la Norvège et les Pays-Bas, ont récemment annoncé l'envoi de contingents militaires au Groenland. Ce territoire autonome, placé sous l'autorité du Danemark, fait l'objet de convoitises affichées de la part du président américain Donald Trump depuis plusieurs semaines.
"Bien sûr, en cas de militarisation du Groenland, de la création là-bas de capacités militaires visant la Russie, nous prendrons des contre-mesures adéquates, y compris de nature militaro-technique", a affirmé avec fermeté Sergueï Lavrov devant le Parlement russe.
Les ambitions américaines et le "cadre" de négociation
Depuis son retour à la Maison Blanche il y a un an, Donald Trump a multiplié les déclarations sur sa volonté de prendre le contrôle du Groenland, justifiant cette ambition par des impératifs de sécurité face aux menaces russes et chinoises dans la région arctique. Cependant, le président américain a semblé faire marche arrière en janvier dernier lors du forum économique de Davos.
Trump a alors annoncé s'être entendu sur un "cadre" de négociation avec le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, visant à accorder aux États-Unis une influence accrue sur ce territoire stratégique. Peu de détails concrets ont filtré concernant le contenu de cet accord potentiel.
Le refus danois et groenlandais de toute cession de souveraineté
Le Danemark et le gouvernement autonome du Groenland maintiennent une position ferme : aucun transfert de souveraineté n'est envisageable. Les autorités ont clairement indiqué que ce territoire arctique n'était "pas à vendre", rejetant ainsi les ambitions américaines affichées.
Sergueï Lavrov a commenté cette situation en déclarant : "Les États-Unis, le Danemark et le Groenland doivent régler la question entre eux". Le chef de la diplomatie russe a également critiqué Copenhague, l'accusant de traiter les quelque 57.000 habitants du Groenland comme des "citoyens de seconde classe".
L'OTAN planifie une mission de sécurité en Arctique
Dans ce contexte géopolitique tendu, l'Alliance atlantique a entamé début février un travail de planification pour une mission destinée à renforcer la sécurité dans la région arctique. Cette initiative s'inscrit dans une dynamique plus large de compétition stratégique pour le contrôle des voies maritimes et des ressources naturelles du Grand Nord.
La situation autour du Groenland illustre les nouvelles tensions géopolitiques en Arctique, où les intérêts des grandes puissances se confrontent de plus en plus ouvertement. La région, autrefois considérée comme périphérique, est désormais au cœur des préoccupations stratégiques mondiales en raison du changement climatique qui ouvre de nouvelles possibilités économiques et militaires.



