Depuis plusieurs semaines, la Roumanie et la Moldavie sont confrontées à une menace croissante : celle des drones russes qui, lancés contre les infrastructures portuaires ukrainiennes du Danube, violent régulièrement leur espace aérien. Alors que Moscou intensifie ses frappes sur les sites d'exportation de céréales ukrainiennes, les deux pays voisins, membres ou partenaires de l'OTAN, doivent adapter leur dispositif de défense.
Des incursions aériennes de plus en plus fréquentes
Selon le ministère roumain de la Défense, au moins trois drones russes sont tombés ou ont survolé le territoire roumain au cours du seul mois d'août 2026, dont un près de la localité de Plauru, à quelques centaines de mètres de la frontière ukrainienne. La Moldavie, de son côté, a signalé plusieurs survols non autorisés au-dessus de la région de Cahul, dans le sud du pays, depuis le début de l'été. Ces incursions coïncident avec l'intensification des bombardements russes sur les ports d'Izmaïl et de Reni, situés sur le Danube, à moins d'un kilomètre de la frontière roumaine.
Pour les autorités de Bucarest, ces événements constituent une escalade inédite. « Nous ne pouvons tolérer aucune violation de notre souveraineté. Chaque incursion est analysée et fera l'objet d'une réponse appropriée », a déclaré le ministre roumain de la Défense, Angel Tîlvăr, dans un communiqué publié le 19 août 2026.
Des réponses militaires et diplomatiques
Face à cette situation, la Roumanie a déployé des batteries de missiles sol-air Patriot, fournies par les États-Unis, le long de la frontière ukrainienne. Bucarest a également activé des systèmes de brouillage électronique capables de neutraliser les drones russes de type Shahed, largement utilisés par Moscou. Parallèlement, la Moldavie, qui ne dispose pas d'une armée de l'air conséquente, a sollicité l'aide de ses partenaires européens. Chișinău a obtenu le renfort de deux avions de chasse MiG-29, prêtés par la Pologne, pour patrouiller dans son espace aérien.
Sur le plan diplomatique, la Roumanie a convoqué l'ambassadeur de Russie à Bucarest pour protester contre ces violations. « La Russie doit cesser immédiatement ces provocations dangereuses qui menacent la sécurité régionale », a insisté Angel Tîlvăr. De son côté, la présidente moldave, Maia Sandu, a qualifié ces survols de « menace directe contre la paix et la stabilité de notre pays », appelant ses alliés à une solidarité accrue.
Un impact sur la sécurité alimentaire mondiale
Au-delà de l'aspect sécuritaire, ces incursions de drones perturbent gravement le transport fluvial sur le Danube, une voie essentielle pour l'exportation des céréales ukrainiennes. Selon les données de l'administration portuaire ukrainienne, le trafic sur le Danube a chuté de 30 % en août 2026 par rapport au mois précédent, en raison des risques de frappes et des fermetures temporaires de chenaux de navigation. Cette baisse menace directement l'approvisionnement en blé et en maïs de plusieurs pays d'Afrique et du Moyen-Orient, qui dépendent fortement des exportations ukrainiennes.
La Roumanie et la Moldavie, en première ligne de cette crise, appellent à une coordination renforcée avec l'OTAN et l'Union européenne pour protéger leurs frontières et garantir la liberté de navigation sur le Danube, un enjeu crucial pour la sécurité alimentaire mondiale.



