Israël et le Liban ont convenu de prolonger la trêve actuelle pour permettre la poursuite des négociations à Washington, alors que les frappes se poursuivent sur le terrain. Les deux pays ont donné leur accord à une prolongation d’un mois et demi du cessez-le-feu pendant de nouvelles négociations à Washington, même si de nouvelles frappes israéliennes ont visé le sud du Liban vendredi.
Négociations diplomatiques en cours
L’ambassadeur d’Israël à Washington, Yechiel Leiter, a déclaré à l’issue des pourparlers qu’il serait essentiel de garantir la sécurité de son pays. « Il y aura des hauts et des bas, mais les chances de réussite sont grandes », a-t-il écrit sur le réseau X. La délégation libanaise a salué de son côté une prolongation qui ouvre la voie « à une stabilité durable », mais insisté sur la nécessité d’un « processus par étapes et vérifiable », soutenu par Washington.
S’exprimant depuis le Liban, le Premier ministre Nawaf Salam a accusé le Hezbollah pro-iranien d’avoir entraîné le pays dans une nouvelle guerre « irresponsable ». « Assez de ces aventures irresponsables servant des projets ou intérêts étrangers », a-t-il lancé, appelant au soutien des pays arabes, et plus largement de la communauté internationale, dans les négociations avec Israël.
Prolongation du cessez-le-feu
Le cessez-le-feu israélo-libanais, qui arrivait à expiration dimanche, « va être prolongé de 45 jours afin de permettre de nouveaux progrès », a annoncé la diplomatie américaine après une nouvelle session de négociations directes entre des représentants d’Israël et du Liban jeudi et vendredi. Le Département d’État américain a précisé qu’il organiserait un nouveau cycle de discussions les 2 et 3 juin. D’ici là, le Pentagone réunira des délégations militaires des deux pays le 29 mai.
Frappes persistantes malgré la trêve
Malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 17 avril, Israël poursuit ses frappes au Liban, disant viser le Hezbollah, et le mouvement chiite continue de tirer des roquettes sur des positions israéliennes. Le Liban a annoncé la mort de six personnes, dont trois secouristes du Comité islamique de santé, affilié au Hezbollah, dans un bombardement israélien dans le sud du pays. Plus de 400 personnes ont péri dans des frappes israéliennes au Liban depuis le début de la trêve, d’après un décompte fondé sur des chiffres officiels.
Au moment des discussions à Washington vendredi, l’armée israélienne a émis des ordres d’évacuation pour une dizaine de secteurs dans le sud du Liban et annoncé « mener des frappes contre l’infrastructure du Hezbollah dans la région de Tyr ». « Il n’y a ici que des femmes, des enfants et des personnes âgées. Cette frappe cause de nouveaux déplacements de personnes », a déclaré à l’AFP Hafez Ramadan, qui vit près de l’immeuble visé par la frappe, qui abritait selon lui surtout des déplacés. Les frappes à Tyr ont fait 37 blessés, dont six membres du personnel médical de l’hôpital, quatre enfants et neuf femmes, selon le ministère de la Santé.
Réactions du Hezbollah
Le Hezbollah a revendiqué des attaques de drones contre des casernes dans le nord d’Israël, ainsi que d’autres contre les forces israéliennes positionnées dans plusieurs localités libanaises frontalières. L’armée israélienne est déployée dans cette zone pour pouvoir, selon elle, protéger la population du nord d’Israël des tirs du mouvement pro-iranien. Israël, comme les États-Unis, appelle Beyrouth à désarmer le Hezbollah. « Le Liban négocie pour un avenir dans lequel ses frontières seront respectées (et) sa souveraineté assurée seulement » par son armée, a souligné aussi la délégation libanaise à Washington. Un des hauts responsables du mouvement pro-iranien, Mahmoud Qomati, a qualifié les négociations avec Israël « d’humiliantes » et dénoncé « un complot contre le pays ».
Évolutions dans le détroit d'Ormuz
Du côté de Téhéran, le ministre des Affaires étrangères, en visite en Inde, s’est dit ouvert à une aide de la Chine pour mettre fin au conflit, au lendemain de propos à Pékin de Donald Trump, selon qui son homologue chinois Xi Jinping a proposé d’aider à rouvrir le détroit d'Ormuz. « Nous savons que (les) Chinois ont de bonnes intentions. Toute initiative de leur part susceptible de soutenir la diplomatie serait donc la bienvenue », a déclaré Abbas Araghchi. Les gardiens de la révolution iraniens permettent désormais à davantage de navires de passer par le détroit, quasi paralysé par Téhéran depuis le début de la guerre, a affirmé la télévision publique. La veille, la chaîne avait fait état de plus de 30 navires autorisés à transiter par le détroit, qui voit passer d’ordinaire un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde. De son côté, le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte sont arrivés « sur zone » au large de la péninsule arabique où ils sont prépositionnés en cas de déclenchement d’une mission « neutre » pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo.



