Le « Conseil de Paix », fondé par Donald Trump pour mettre fin à la guerre à Gaza, envisage la création d’une « zone humanitaire » dans le sud du territoire. Située à Rafah, à la frontière avec l’Égypte, cette zone vise à accueillir des dizaines de milliers de Palestiniens soumis à un contrôle préalable. Selon des médias égyptiens et palestiniens, elle pourrait servir de « point de départ » à l’entrée en fonction du Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), un organe de technocrates palestiniens actuellement basé en Égypte, dont Israël bloque toujours l’accès au territoire palestinien.
Un projet sécurisé par une force internationale
Le NCAG est appelé à gérer le quotidien de Gaza pendant la période de transition prévue par le plan du président américain, avalisé par l’ONU, pour solder le conflit déclenché par l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023. Le projet serait sécurisé par la Force internationale de stabilisation (ISF), une structure en gestation sous l’égide du Conseil de Paix. Le NCAG serait chargé du filtrage des civils non armés, seuls habilités à entrer dans la zone, avec l’appui de l’ISF. Cette mission ne serait pas assurée par l’armée israélienne, qui n’aurait aucun contact avec la population civile et ne jouerait aucun rôle dans la séparation de ces zones du reste de Gaza.
Les habitants pourraient ensuite entrer et sortir librement du secteur. Le principe de zones humanitaires fermées, évoqué sous différentes formes depuis plusieurs mois, suscite des réserves dans la communauté humanitaire. Rafah, largement détruite, reste en grande partie sous contrôle israélien.
Les réserves des diplomates de l’ONU
L’ISF doit, aux termes du plan Trump, se déployer dans le territoire palestinien à mesure que l’armée israélienne s’en retirera. Mi-juin, des militaires marocains sont arrivés en Israël pour rejoindre la force. Les autres pays qui la composeront sont le Kosovo, l’Albanie et le Kazakhstan. Les contingents doivent être positionnés sur une base près de Kerem Shalom, point de passage entre Israël et Gaza, un site « presque terminé ».
Le « Conseil de Paix » est chargé de piloter la transition à Gaza, où le Hamas a pris le pouvoir en 2007, et d’ouvrir la voie à la reconstruction du territoire dévasté, en rétablissant une administration civile et les services essentiels. Mais, sous couvert d’anonymat, des diplomates et responsables d’ONG estiment un tel dispositif difficilement compatible avec le droit international humanitaire. Selon eux, le regroupement de civils dans des zones délimitées et à l’accès contrôlé pourrait s’apparenter à des déplacements forcés de population.
La mise en œuvre du plan de cessez-le-feu d’octobre 2025 est au point mort depuis plusieurs mois. Israël et le mouvement islamiste palestinien s’accusent mutuellement de violations de la trêve. Depuis, l’armée israélienne a étendu son emprise sur le territoire palestinien, dont elle contrôle désormais plus de 60 %.



