« Green Zone » : Paul Greengrass dénonce les mensonges d'État américains
Paul Greengrass décortique les mensonges d'État dans Green Zone

Ce soir à la télé, « Green Zone » : Paul Greengrass décortique les mensonges d'État américains

Un thriller politique et un grand film d'action mené par un Matt Damon qui assure le spectacle. Ce soir à 21h10 sur CSTAR.

Un film qui dénonce la manipulation

Sur une trame de récit d'espionnage – un sous-officier tente de comprendre qui a fourni les faux renseignements sur les armes de destruction massive inexistantes en Irak –, Paul Greengrass lâche son acteur fétiche, Matt Damon, dans un univers ahurissant, mélange de Kafka, de John le Carré et de surréalisme. Le cinéma américain, une fois de plus, montre sa liberté pour réexaminer l'histoire contemporaine.

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S'appuyant sur un livre exceptionnel, celui du journaliste Rajiv Chandrasekaran (« Dans la zone verte », Editions de l'Olivier, 2008), le réalisateur montre le cirque imbécile monté par les Américains à Bagdad dans la green zone : la cantine des GI sert du porc, les soldats construisent des piscines, des instructeurs donnent des cours de salsa, l'administration se préoccupe d'imposer un nouveau Code de la route (calqué sur celui du Vermont !), il y a des boîtes disco, et les bureaucrates yankees créent des laveries de voitures sans s'intéresser une seconde à l'économie dévastée du pays.

Un réalisateur en colère

« N'oublie jamais que ton job, c'est de foutre la merde. » C'est le monde à l'envers, régi par le bourrage de crâne. « Mon film est le résultat de ma colère. Je suis outragé ; j'avais envie de dire aux politiciens : "Je sais ce que vous avez fait", et je voulais en même temps faire un film populaire », dit Paul Greengrass.

Dans cet étonnant film d'action qui décortique les raisons de l'intervention militaire US en Irak, tout est réel. Comment fonctionne l'armée ? Simple : les fausses infos naissent chez les exilés irakiens, qui intoxiquent les services de renseignements. La CIA est mise sur la touche, les sites « dangereux » ne stockent rien d'autre que des bidets ou des crayons, le chaos s'installe. Tout se termine dans les bas quartiers de Bagdad, avec l'opération commando des mercenaires de Blackwater et l'assassinat programmé des ex-militaires irakiens. Le réalisateur ne relâche jamais la pression, le suspense est constant.

Formé à la télé britannique, Greengrass se souvient d'un conseil reçu à ses débuts dans le métier : « N'oublie jamais que ton job, c'est de foutre la merde. »

Mercredi 10 juin à 21h10 sur CSTAR. Thriller américano-britannique de Paul Greengrass (2010). Avec Matt Damon, Amy Ryan, Greg Kinnear. 1h50.

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