Panama lance la construction d'une prison de haute sécurité anti-gangs
Panama construit une prison haute sécurité contre les gangs

Le gouvernement panaméen a annoncé, jeudi 2 juillet, le lancement de la construction d'une prison de haute sécurité destinée à lutter contre les gangs criminels. Cette décision s'inscrit dans une série de mesures sécuritaires prises par le président José Raúl Mulino, qui a fait de la lutte contre la criminalité une priorité de son mandat.

Un établissement pénitentiaire d'un nouveau genre

La future prison, dont le coût est estimé à 200 millions de dollars, sera située dans la province de Darién, à la frontière avec la Colombie. Elle pourra accueillir jusqu'à 2 000 détenus, principalement des membres de gangs violents. Selon le ministre de la Sécurité, Frank Ábrego, cet établissement sera "le plus moderne et le plus sécurisé d'Amérique centrale". Il disposera de technologies de pointe, notamment des systèmes de surveillance par drone et des brouilleurs de signaux téléphoniques.

"Nous construisons cette prison pour isoler les criminels les plus dangereux et mettre fin à leur capacité de diriger leurs activités illicites depuis l'intérieur des murs", a déclaré le président Mulino lors d'une conférence de presse.

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Une réponse à la violence des gangs

Le Panama est confronté à une recrudescence de la violence liée aux gangs, en particulier dans les zones urbaines et le long des routes de transit de la drogue. En 2025, le pays a enregistré un taux d'homicides de 15 pour 100 000 habitants, en hausse par rapport à l'année précédente. Les autorités attribuent cette augmentation aux rivalités entre groupes criminels pour le contrôle des routes de la cocaïne vers les États-Unis.

Cette annonce fait suite à une opération policière majeure en mai dernier, qui avait conduit à l'arrestation de plus de 500 membres présumés de gangs. Le gouvernement a également renforcé les effectifs de la police et mis en place un programme de dénonciation anonyme.

Un modèle régional contesté

La construction de prisons de haute sécurité est une tendance croissante en Amérique latine. Le Salvador, sous la présidence de Nayib Bukele, a ouvert une "méga-prison" en 2023, capable de détenir 40 000 personnes. Cependant, ces mesures sont critiquées par les organisations de défense des droits humains, qui dénoncent des conditions de détention dégradantes et un manque de procédures judiciaires équitables.

"Nous craignons que cette prison ne devienne un lieu de violations des droits humains, où les détenus sont soumis à des traitements inhumains", a déclaré Sofia Martínez, porte-parole d'Amnesty International au Panama. "Le gouvernement doit garantir que les droits fondamentaux des prisonniers soient respectés."

Le gouvernement panaméen assure que la prison respectera les normes internationales et offrira des programmes de réinsertion. Les travaux devraient débuter en septembre 2026 et s'achever en 2028.

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