Pakistan et Afghanistan annoncent une trêve pour l'Aïd el-Fitr après un bombardement meurtrier
Pakistan-Afghanistan : trêve pour l'Aïd après frappe sur hôpital

Pakistan et Afghanistan : une trêve fragile pour la fin du ramadan

Le Pakistan et l'Afghanistan, en conflit ouvert depuis le 26 février, ont annoncé ce mercredi 18 mars une trêve temporaire à l'occasion de l'Aïd el-Fitr, la fête marquant la fin du ramadan. Cette décision intervient deux jours après un bombardement pakistanais dévastateur sur un hôpital pour toxicomanes à Kaboul, qui a causé des centaines de morts et de blessés, selon les autorités talibanes.

Une trêve sous pression internationale

La trêve, d'une durée de quatre jours, a été instaurée à la demande de pays islamiques amis, notamment l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie. Elle est entrée en vigueur ce mercredi à 20 heures et doit se poursuivre jusqu'à dimanche prochain à la même heure, heure de Paris. Le ministre de l'Information pakistanais, Attaullah Tarar, a précisé ces détails, soulignant le caractère temporaire de cette pause dans les hostilités.

Cependant, malgré cette annonce, les tensions restent vives. Le porte-parole du gouvernement afghan, Zabihullah Mujahid, a averti que l'Afghanistan « répondra avec courage à toute agression ». De son côté, le Pakistan a affirmé être prêt à réagir vigoureusement en cas d'attaque, montrant que la situation demeure explosive.

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Un bombardement aux conséquences tragiques

Lundi soir, des avions pakistanais ont bombardé Kaboul, ciblant ce qu'Islamabad décrit comme des objectifs « militaires et terroristes ». L'attaque a frappé un hôpital pour toxicomanes, faisant 408 morts et 265 blessés selon les autorités talibanes. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a condamné cette frappe, la plus meurtrière depuis le début du conflit, rappelant que « les établissements médicaux doivent être respectés et protégés selon le droit international ».

Le Pakistan accuse l'Afghanistan d'héberger des combattants du mouvement des talibans pakistanais (TTP), responsables d'attaques meurtrières sur son territoire, une accusation que le gouvernement taliban rejette catégoriquement. Cette escalade a entraîné une augmentation significative des victimes civiles, avec au moins 76 civils afghans tués depuis le 26 février, selon un bilan de l'ONU qui ne tient pas compte de la frappe sur l'hôpital.

Scènes de deuil et appels à la paix

Mercredi, une cérémonie funéraire a été organisée à Kaboul pour enterrer une partie des victimes du bombardement. Sur une colline balayée par la pluie, des volontaires du Croissant-Rouge ont déposé des cercueils de bois dans une tombe commune, sous la surveillance d'un important dispositif de sécurité. Plusieurs responsables talibans ont assisté à l'événement, où le ministre afghan de l'Intérieur a déclaré : « Aujourd'hui est un jour triste. Les Afghans vivent des jours difficiles, et nous les vengerons. Nous ne sommes pas faibles, vous verrez les conséquences de vos crimes ».

Malgré ces paroles belliqueuses, Sirajuddin Haqqani, une figure clé des talibans, a laissé entrevoir une possible résolution diplomatique du conflit. « Nous ne voulons pas la guerre, mais la situation est arrivée à ça, nous essayons de résoudre le problème par la diplomatie », a-t-il souligné, ouvrant la porte à des efforts de médiation.

Bilan humanitaire alarmant

Les conséquences humanitaires de ce conflit sont désastreuses. Jacopo Caridi, directeur pour l'Afghanistan du Norwegian Refugee Council (NRC), a décrit des scènes « horribles » sur le site de l'hôpital bombardé, avec des morceaux de corps disséminés dans les ruines. « Certaines parties étaient complètement détruites. Nous avons vu beaucoup de morceaux de cadavres », a-t-il témoigné, fournissant une confirmation indépendante du lourd bilan.

L'hôpital accueillait environ 2 000 patients souffrant d'addiction venant de tout l'Afghanistan, rendant cette attaque particulièrement choquante. Par ailleurs, plus de 115 000 personnes ont été déplacées en Afghanistan en raison des affrontements, selon les dernières estimations. Le Haut-Commissariat de l'ONU aux réfugiés a réclamé une enquête « rapide et indépendante » sur la frappe, tandis que les appels pour un cessez-le-feu permanent se multiplient face à la hausse des victimes civiles.

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Cette trêve, bien que limitée dans le temps, représente un fragile espoir de désescalade dans une région marquée par des décennies de violence. Les prochains jours seront cruciaux pour déterminer si la diplomatie pourra prévaloir sur les armes.