Tensions à Ormuz : Trump lance une opération, l'Iran menace
Ormuz : Trump lance une opération, l'Iran menace

Nouvelles incertitudes et tensions autour du détroit d'Ormuz. Donald Trump a annoncé une opération à partir de lundi pour débloquer des navires bloqués depuis deux mois dans le Golfe, mais le commandement militaire iranien a prévenu qu'il attaquerait dans ce cas l'armée américaine.

Une opération humanitaire selon Trump

Le président américain, qui a déclenché les hostilités contre l'Iran le 28 février avec Israël, a évoqué dimanche soir « un geste humanitaire » et de « bonne volonté » en faveur des marins bloqués par la fermeture du détroit d'Ormuz. À partir de lundi matin heure locale, la marine américaine escortera au travers du détroit d'Ormuz des navires de pays « qui n'ont rien à voir avec le conflit au Moyen-Orient », a annoncé Trump. Il a toutefois averti que si cette opération, baptisée Project Freedom (« Projet Liberté »), devait être entravée par l'Iran, cela « devrait malheureusement être traité par la force », en saluant dans le même temps des discussions « très positives » avec Téhéran par l'intermédiaire du Pakistan.

L'Iran met en garde

L'Iran a rétorqué lundi en menaçant l'armée américaine. « Nous mettons en garde toute force armée étrangère, en particulier l'agressive armée américaine : s'ils ont l'intention de s'approcher du détroit d'Ormuz ou d'y pénétrer, ils seront ciblés et attaqués », a affirmé le général Ali Abdollahi, chef du commandement des forces armées. « Toute intervention américaine dans le nouveau régime maritime du détroit d'Ormuz sera considérée comme une violation du cessez-le-feu » entré en vigueur le 8 avril, avait auparavant averti le président de la commission du Parlement iranien sur la sécurité nationale, Ebrahim Azizi.

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Des moyens militaires conséquents

Dans un communiqué, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé que l'opération annoncée par Donald Trump impliquerait des destroyers lance-missiles, plus d'une centaine d'aéronefs et 15.000 soldats. Depuis le début des hostilités, l'Iran bloque le détroit d'Ormuz, par lequel transite d'ordinaire un cinquième de la consommation mondiale de pétrole. Washington a répliqué début avril en bloquant à son tour les ports iraniens.

Impact sur les marchés pétroliers

Le blocage du détroit a fait flamber les cours du pétrole au plus haut depuis 2022 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Les prix se sont stabilisés lundi sur les marchés asiatiques, avec un baril de Brent, la référence mondiale, grappillant 0,39 % à 108,59 dollars, bien loin des 126 dollars dépassés jeudi.

Des milliers de marins bloqués

Le nombre de navires commerciaux présents dans le Golfe s'élevait à 913 le 29 avril, dont 270 pétroliers et une cinquantaine de navires gaziers, a indiqué jeudi l'entreprise spécialisée dans le suivi maritime AXSMarine. Quelque 20.000 marins seraient concernés, selon un haut responsable de l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Un conflit aux multiples facettes

Depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, Téhéran a instauré de facto des droits de passage pour franchir le détroit. La situation est bloquée depuis le cessez-le-feu du 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes israélo-américaines sur l'Iran et de représailles de Téhéran dans la région.

Entre le détroit d'Ormuz et le volet nucléaire, les points de discorde restent importants et les efforts pour relancer les négociations ont échoué, malgré une première rencontre directe au Pakistan le 11 avril. Pour redonner une chance aux discussions, Téhéran a soumis une nouvelle proposition à Washington, qui y a répondu, a indiqué dimanche la diplomatie iranienne.

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