Ormuz : Téhéran défie Trump, trois pétroliers émiratis attaqués
Ormuz : Téhéran défie Trump, trois pétroliers visés

Le détroit d'Ormuz reste au cœur des tensions entre Téhéran et Washington. Ce samedi 15 août, l'Iran a réaffirmé que cette voie maritime stratégique « restera iranien », en réponse aux déclarations de Donald Trump qui a évoqué l'idée de le déclarer « territoire des États-Unis » une fois l'Iran « battu ». Parallèlement, trois pétroliers de la compagnie émiratie Adnoc ont été attaqués en 24 heures alors qu'ils tentaient de franchir le détroit, des attaques imputées à l'Iran par les Émirats arabes unis.

L'Iran répond fermement aux propos de Trump

Vendredi, lors d'un meeting à Garden City, près de New York, Donald Trump a déclaré : « Une fois que nous aurons fini de battre l'Iran (...), bientôt je déclarerai le détroit d'Ormuz comme étant un territoire des États-Unis ». Il a également répété que les États-Unis ont le « contrôle » du détroit, une affirmation qualifiée de « mensonge » par Téhéran. Selon le journaliste Brian Schwartz du « Wall Street Journal », un haut responsable de la Maison-Blanche a indiqué que le président « plaisantait » en tenant ces propos.

L'Iran n'a pas tardé à réagir. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a martelé sur X : « Le détroit d'Ormuz a été iranien, est iranien et restera iranien. Ce détroit ne sera ouvert et fermé que sur ordre de l'Iran ». Il a ajouté qu'il « ne peut pas être pris d'assaut avec un tweet ou un porte-avions, ni par un décret présidentiel, ni par un discours de campagne électorale ».

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Des attaques contre des pétroliers émiratis

Sur le terrain, des attaques attribuées à l'Iran continuent de viser des navires empruntant le détroit. Trois pétroliers appartenant à la compagnie publique émiratie Adnoc ont été ciblés en 24 heures : deux jeudi 13 août au soir et un autre vendredi soir. Les Émirats arabes unis ont imputé ces attaques à l'Iran, qui verrouille le détroit depuis le début de la guerre fin février. Adnoc et les autorités n'ont pas fait état de victimes ou de dommages.

Le ministère émirati des Affaires étrangères a condamné « l'attaque iranienne hostile » et a qualifié ces actes de « piraterie de la part du Corps des Gardiens de la Révolution islamique iranien ». Il a également souligné qu'il s'agit d'« une menace directe pour la stabilité de la région, de ses populations et de la sécurité énergétique mondiale ». Le conseiller du président émirati, Anwar Gargash, a assuré que les Émirats défendraient leurs « droits à la liberté de navigation et à l'utilisation du détroit d'Ormuz, conformément au droit international ».

Un conflit aux conséquences économiques

Le conflit, qui dure depuis plus de cinq mois, a fait des milliers de morts. Les cours du pétrole se sont envolés depuis que Téhéran a verrouillé le détroit, par lequel transitait avant la guerre un cinquième du pétrole mondial. Aux États-Unis, le prix de l'essence a augmenté de plus de 35 % par rapport à son niveau d'avant-guerre. Donald Trump a assumé cette hausse : « Si vous devez payer un peu plus pour l'essence, c'est OK. Je ne m'excuserai jamais. J'ai pris la bonne décision ».

Le protocole d'accord conclu en juin entre l'Iran et les États-Unis a volé en éclats début juillet, notamment en raison de différends sur Ormuz. Les négociations restent dans l'impasse, tandis que le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a menacé l'Iran d'un isolement économique « comme le monde n'en a jamais vu ». La semaine dernière, un haut responsable iranien a énuméré une longue liste de conditions pour la réouverture du détroit, incluant la fin de la « guerre et de l'agression contre l'Iran et ses alliés » et la levée du blocus naval américain. En mer Rouge, les rebelles Houthis, alliés de Téhéran, continuent de viser des navires saoudiens ou des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite.

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