Offensive américaine contre la CPI : la justice internationale en crise
Offensive US contre la CPI : une tempête judiciaire

Les États-Unis ont lancé une offensive diplomatique et juridique sans précédent contre la Cour pénale internationale (CPI), plongeant l'institution dans ce que son président, le juge Piotr Hofmański, décrit comme « un climat de tempête ». Selon des sources proches de la Cour, Washington aurait menacé de sanctions économiques contre les juges et les procureurs si la CPI poursuit ses enquêtes impliquant des ressortissants américains ou des alliés comme Israël.

Des menaces concrètes

Le 2 juillet 2025, le secrétaire d'État américain a signé un mémorandum autorisant le gel des avoirs et l'interdiction de visa pour tout personnel de la CPI impliqué dans des enquêtes contre des citoyens américains ou de pays partenaires. Cette mesure, qui pourrait toucher une cinquantaine de personnes, a été qualifiée d'« extraterritoriale et illégale » par la porte-parole de la CPI, Fadi El Abdallah. « Nous sommes face à une tentative de démantèlement du système de justice internationale », a-t-il déclaré.

La CPI enquête actuellement sur des crimes de guerre présumés commis par des soldats américains en Afghanistan et par des colons israéliens en Cisjordanie. Ces affaires ont suscité la colère de l'administration Trump, qui considère la Cour comme une menace pour sa souveraineté.

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L'Europe divisée

La réaction des pays européens est contrastée. La France a appelé au dialogue tout en réaffirmant son soutien à la CPI, tandis que l'Allemagne, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a dénoncé des « pressions inacceptables ». En revanche, la Hongrie et la Pologne ont exprimé leur compréhension des préoccupations américaines. Une source diplomatique à Bruxelles confie que « l'UE est tiraillée entre son attachement à l'État de droit et la nécessité de ménager Washington ».

Des conséquences financières

La CPI, dont le budget annuel s'élève à 170 millions d'euros, dépend largement des contributions des États membres. Or, les États-Unis, bien que non membres, ont versé 15 millions de dollars en 2024 pour des programmes spécifiques. Ces fonds sont désormais menacés. Selon une estimation interne, la Cour pourrait perdre jusqu'à 20 % de ses ressources si les menaces se concrétisent.

« Nous sommes déjà en sous-effectif, avec 50 % de postes vacants au bureau du procureur », a indiqué un responsable sous couvert d'anonymat. « Ces sanctions auraient un effet paralysant immédiat. »

Un précédent dangereux

Cette offensive rappelle les tensions de 2020, quand l'administration Trump avait imposé des visas restrictifs à des responsables de la CPI. Mais la nouvelle vague de mesures va plus loin. Pour Carsten Stahn, professeur de droit international à l'université de Leiden, « il s'agit d'une attaque frontale contre le multilatéralisme et l'idée même d'une justice universelle ».

La CPI a déjà été fragilisée par le retrait de plusieurs pays africains, la lenteur de ses procédures et l'absence de coopération des grandes puissances. Cette nouvelle crise pourrait lui être fatale si elle n'obtient pas un soutien ferme de la société internationale.

Quel avenir pour la CPI ?

Les 123 États parties à la CPI doivent se réunir en urgence en septembre à New York. Une résolution de soutien est en préparation, mais son adoption n'est pas garantie. Parallèlement, des ONG comme Human Rights Watch appellent à des contre-mesures, notamment un embargo sur les armes contre tout pays qui entraverait les enquêtes de la Cour.

« La CPI est notre meilleur espoir contre l'impunité », a déclaré en conférence de presse la procureure Karim Khan. « Si elle tombe, ce sont des décennies de progrès qui s'effondrent. »

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