Népal : 626 morts, 2426 disparus après la crue, défis humanitaires et sanitaires
Népal : 626 morts, 2426 disparus, défis humanitaires

Trois jours après la crue dévastatrice qui a frappé le Népal, le bilan s'élève à au moins 626 morts et 2 426 disparus, selon les autorités. Le gouvernement népalais a sollicité l'aide internationale face à de « lourdes pertes humaines et matérielles », alors que l'ampleur des dégâts n'est pas encore établie et que des risques de nouvelles inondations subsistent. Jusqu'à 93 000 personnes pourraient avoir été sinistrées, selon la Croix-Rouge, qui évoque un « traumatisme énorme ».

Des dizaines de milliers de sinistrés et des infrastructures détruites

Des localités entières ont été rasées, laissant des familles sans domicile ou réfugiées dans des abris temporaires. D'après la Croix-Rouge, des milliers de maisons ont été détruites ou lourdement endommagées, tandis que des dizaines de routes, de ponts et d'autres infrastructures essentielles ont également été gravement affectées. Au moins 18 écoles ont été démolies et 20 autres ont subi des dégâts, concernant environ 10 000 élèves, a indiqué le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF).

Le difficile travail des secouristes à la frontière avec la Chine

Les secouristes redoublent d'efforts ce samedi 29 août pour localiser quelque 3 000 disparus et évacuer les rescapés bloqués à la frontière entre le Népal et la Chine. Sept corps retrouvés à des dizaines de kilomètres en aval, dans le nord de l'Inde, sont en cours d'identification et pourraient rejoindre la liste des victimes. Dans les régions sinistrées, les autorités peinent à retrouver la trace de quelque 3 000 personnes – 2 426 au Népal et 556 côté chinois – dont elles sont sans nouvelles depuis mercredi. Parmi elles figurent des centaines de touristes, de pèlerins et d'ouvriers étrangers, employés sur des chantiers de barrages en construction dans la région, ainsi qu'un nombre toujours croissant d'habitants des villages dévastés.

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En Chine, des milliers de sauveteurs continuent à batailler pour se frayer un chemin difficile vers le cœur de la zone dévastée, le poste-frontière de Gyirong à 1 830 m d'altitude. Selon l'agence Chine nouvelle, un peu plus de 500 secouristes y sont désormais à pied d'œuvre. La télévision publique CCTV a diffusé des images de pompiers casqués traversant un torrent à l'aide de bateaux pneumatiques ou hélitreuillés à l'aide d'un puissant drone. « La plus grande difficulté, c'est d'assurer la sécurité de nos militaires », a déclaré un officier, Jiang Wanqiang. Des deux côtés de la frontière, les secours travaillent sous la menace d'une rupture soudaine du lac formé mercredi par l'effondrement du glacier dans la rivière. Vendredi, leurs opérations de secours ont été perturbées par des alertes liées à de possibles coulées, levées par la suite.

« Plusieurs milliards de dollars » nécessaires à la reconstruction

Le coût de la reconstruction des régions et des infrastructures sinistrées par la crue pourrait se monter à « plusieurs milliards de dollars », a évalué ce samedi le ministre népalais des Affaires étrangères, Shisir Khanal. « La reconstruction et la réhabilitation pourraient peut-être se compter en milliards de dollars », a-t-il déclaré devant la presse, trois jours après la catastrophe qui a fait plus de 600 morts et près de 2 500 disparus dans son pays. Or, l'économie népalaise est déjà sous tension, les ressources mobilisables pour répondre à la crise sont limitées. La Banque mondiale estime que 82 % de la main-d'œuvre nationale travaille dans le secteur informel. Quant à son Produit intérieur brut (PIB), jusqu'à un tiers provient des transferts depuis l'étranger, notamment des expatriés dans les pays du Golfe. Le tourisme représente 6,4 % de son PIB et environ 15 % des emplois, selon la Banque mondiale. La région touchée attire d'ordinaire des randonneurs et des alpinistes du monde entier, ainsi que des pèlerins hindous et bouddhistes tibétains.

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La crainte d'un risque sanitaire et la perte de production d'électricité

Trois centres de santé ont été détruits, un hôpital partiellement détruit et l'accès à deux autres est perturbé, a rapporté l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). « Les déplacements, la surpopulation, la détérioration des systèmes d'eau et d'assainissement et la perturbation des services de santé pourraient augmenter le risque de maladies transmissibles », a-t-elle mis en garde. L'autorité responsable de l'électricité au Népal a fait savoir que 11 centrales hydroélectriques et une solaire, pour une capacité combinée de 431,1 mégawatts, avaient cessé de fonctionner. Cela représente environ 10 % des capacités de génération électrique nationales, de même source. De plus, 15 infrastructures énergétiques en construction, pour une capacité annoncée de 470 MW, ont été endommagées, et 900 employés du secteur hydroélectrique sont portés disparus. La communauté internationale est désormais attendue pour répondre à l'appel à l'aide du gouvernement népalais, alors que les besoins humanitaires, sanitaires et énergétiques s'accumulent dans un pays déjà fragilisé économiquement.