La Haute Cour de Prague a confirmé ce mardi 7 juillet 2026 l'extradition vers l'Allemagne de Marla Svenja Liebich, une militante d'extrême droite allemande transgenre de 28 ans. La cour a rejeté son appel contre la décision de première instance, ouvrant la voie à son transfert aux autorités allemandes.
Une figure de la mouvance néonazie allemande
Marla Svenja Liebich, née sous le nom de Sven Liebich, est considérée comme l'une des figures montantes de la scène néonazie en Allemagne. Elle est notamment connue pour avoir participé à la création du groupe "Der Dritte Weg" (La Troisième Voie), une organisation d'extrême droite classée comme extrémiste par les services de renseignement allemands. Selon le parquet fédéral allemand, elle est également impliquée dans des activités de recrutement et de financement du terrorisme.
Un parcours judiciaire complexe
Arrêtée en République tchèque en janvier 2026, Liebich avait immédiatement contesté son extradition, invoquant des risques de persécution en raison de sa transition de genre. Ses avocats avaient plaidé que les conditions de détention en Allemagne ne garantiraient pas sa sécurité en tant que personne transgenre. Cependant, la justice tchèque a estimé que ces craintes n'étaient pas fondées, l'Allemagne ayant fourni des assurances écrites concernant son traitement.
"Les garanties offertes par les autorités allemandes sont suffisantes pour assurer la sécurité de Mme Liebich pendant sa détention et son procès", a déclaré le juge Petr Šuk, président de la chambre. "La transition de genre ne constitue pas un obstacle légal à l'extradition."
Des accusations graves
En Allemagne, Marla Svenja Liebich est poursuivie pour "appartenance à une organisation terroriste" et "préparation d'actes de violence graves". Selon l'acte d'accusation, elle aurait participé à la planification d'attaques contre des centres d'accueil pour réfugiés et des personnalités politiques. Le groupe "Der Dritte Weg" est notamment soupçonné d'avoir constitué des cellules paramilitaires.
L'extradition de Liebich intervient dans un contexte de durcissement de la lutte contre l'extrême droite en Allemagne. En 2025, le gouvernement allemand avait renforcé les mesures de surveillance et de répression des groupes néonazis, après une série d'attentats attribués à cette mouvance.
Réactions et implications
La décision de la justice tchèque a été saluée par les autorités allemandes. "C'est un signal fort contre l'extrémisme de droite", a réagi le ministre allemand de la Justice, Marco Buschmann, sur son compte X. "Nous travaillons en étroite coopération avec nos partenaires européens pour démanteler ces réseaux."
De son côté, l'avocat de Liebich, Me Tomáš Gřivna, a annoncé son intention de se pourvoir en cassation. "Cette décision ignore les droits fondamentaux de ma cliente. Nous allons saisir la Cour constitutionnelle tchèque et, si nécessaire, la Cour européenne des droits de l'homme", a-t-il déclaré à la presse.
Selon des sources proches du dossier, l'extradition pourrait intervenir dans un délai de deux à trois semaines, une fois les recours épuisés.



