Marine Le Pen, candidate du Rassemblement National (RN) à l'élection présidentielle, a été copieusement huée dimanche 7 juillet lors de son passage sur le Tour de France, à l'étape entre Troyes et Nancy. Alors qu'elle se trouvait au bord de la route, des dizaines de supporters lui ont manifesté leur hostilité, scandant notamment « On vote RN, peu importe qui est candidat », selon des témoignages recueillis par Libération.
Un accueil glacial pour la candidate d'extrême droite
La leader du RN, qui effectuait un déplacement dans le cadre de sa campagne, s'est arrêtée pour saluer la foule massée le long du parcours. Mais l'ambiance a rapidement tourné à l'aigre. Des sifflets et des huées ont fusé, tandis que certains spectateurs lui tournaient le dos. Marine Le Pen a tenté de garder le sourire, mais l'incident a été largement relayé sur les réseaux sociaux.
« C'était très tendu, raconte un témoin. Les gens n'étaient pas contents de la voir là. Certains criaient des insultes. » Un autre spectateur ajoute : « On n'est pas venus pour la politique, mais pour le vélo. Sa présence a gâché l'ambiance. »
Une réaction contrastée des organisateurs et des politiques
Interrogé par France Info, le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, a déclaré : « Le Tour est une fête populaire, apolitique. Nous regrettons que des candidats viennent chercher une exposition médiatique sur notre événement. » De son côté, le RN a dénoncé « une meute de militants d'extrême gauche organisée » pour perturber la venue de Marine Le Pen.
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont vives. Le député LFI Éric Coquerel a tweeté : « Le peuple a parlé : Marine Le Pen n'est pas la bienvenue sur le Tour de France. » À l'inverse, le porte-parole du RN, Julien Odoul, a fustigé « l'intolérance des bien-pensants ». Selon un sondage Elabe pour BFM TV publié la veille, 62 % des Français estiment que les candidats ne devraient pas faire campagne sur le Tour.
Un précédent qui interroge sur la politisation de l'événement
Ce n'est pas la première fois que le Tour de France est le théâtre d'incidents politiques. En 2022, le candidat d'extrême droite Éric Zemmour avait été accueilli par des huées similaires. En 2017, Emmanuel Macron avait également été chahuté. Mais pour beaucoup, la présence de Marine Le Pen marque une étape de plus dans la politisation de la Grande Boucle.
« Le Tour est un symbole de la France, explique le sociologue du sport Patrick Mignon. Il devient un lieu de contestation politique, ce qui n'est pas nouveau mais s'intensifie. » Un porte-parole de l'organisation du Tour a rappelé que « l'événement est ouvert à tous, mais nous appelons au respect mutuel ».
Malgré les huées, Marine Le Pen a poursuivi son déplacement dans l'Est de la France, où elle a rencontré des agriculteurs et des commerçants. Son équipe de campagne a affirmé que « la candidate est déterminée à aller à la rencontre des Français, y compris dans des contextes hostiles ».



