Le président nicaraguayen Daniel Ortega a annoncé le 23 juillet 2026 qu'aucune élection ne serait plus organisée dans le pays, marquant une nouvelle étape dans le verrouillage du pouvoir. Cette déclaration, faite lors d'un discours retransmis à la télévision nationale, a provoqué une onde de choc au sein de l'opposition et de la communauté internationale.
Une annonce sans précédent
« Désormais, il n'y aura plus d'élections au Nicaragua, car le peuple a déjà choisi son chemin », a déclaré Ortega, justifiant cette décision par la nécessité de « stabilité » face aux « ingérences étrangères ». Depuis son retour au pouvoir en 2007, Ortega a progressivement éliminé toute opposition politique, emprisonné des candidats potentiels et modifié la constitution pour permettre sa réélection sans limite.
Selon l'ONG nicaraguayenne Urnas Abiertas, plus de 200 opposants politiques sont actuellement détenus, et les derniers partis d'opposition ont été dissous en 2024. L'annonce d'Ortega intervient alors que le pays était censé organiser des élections municipales en 2027.
Réactions internationales
Les États-Unis, par la voix du secrétaire d'État Antony Blinken, ont condamné « une décision qui éloigne définitivement le Nicaragua de la démocratie ». L'Union européenne a annoncé l'extension de ses sanctions contre le régime, tandis que l'Organisation des États américains (OEA) a convoqué une réunion d'urgence.
Au Nicaragua, la population vit dans la crainte. « Nous n'avons plus aucun espoir de changement par les urnes », confie Maria, une habitante de Managua qui a requis l'anonymat. « Le régime contrôle tout, de la nourriture aux médias. »
Un pouvoir absolu
Ortega, 80 ans, dirige le Nicaragua avec son épouse Rosario Murillo, vice-présidente. Ensemble, ils ont consolidé un régime autoritaire qui s'appuie sur l'armée et la police. Depuis 2018, plus de 300 personnes ont été tuées lors de manifestations réprimées dans le sang, selon la Commission interaméricaine des droits de l'homme.
L'annonce de la fin des élections est perçue comme un tournant. « C'est la mort de la démocratie nicaraguayenne », estime José Miguel Vivanco, ancien directeur de Human Rights Watch pour les Amériques. « Ortega a franchi une ligne rouge en annonçant ouvertement ce qu'il pratiquait déjà en secret. »
Quel avenir pour le Nicaragua ?
Sans perspective électorale, l'opposition appelle à une mobilisation, mais le risque de répression est élevé. Le régime a déjà interdit toute manifestation publique. L'Église catholique, médiatrice dans le passé, est elle-même sous pression : plusieurs prêtres ont été arrêtés pour « délits d'opinion ».
La communauté internationale semble impuissante. Les sanctions économiques n'ont pas ébranlé Ortega, qui bénéficie du soutien de la Russie et de la Chine. Le Nicaragua est devenu un État policier, où la peur règne en maître.



