La disparition brutale du guide suprême iranien
L'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la Révolution islamique d'Iran, est mort samedi 28 février à l'âge de 86 ans. Sa mort survient après près de quatre décennies au pouvoir, durant lesquelles il a œuvré à faire de l'Iran chiite une puissance régionale rivalisant avec les États sunnites du Golfe, tout en entretenant une rivalité persistante avec les États-Unis.
Une résidence détruite par des frappes aériennes
Les médias officiels iraniens ont confirmé que l'ayatollah Khamenei a été tué lors de frappes aériennes menées conjointement par Israël et les États-Unis. Ces attaques ont détruit sa résidence située dans le centre de Téhéran, marquant un tournant dramatique dans les tensions régionales.
La mise en place immédiate d'une transition
Peu après l'annonce de son décès, l'agence de presse officielle IRNA a indiqué que le président iranien Massoud Pezeshkian, le chef du pouvoir judiciaire Gholamhussein Mohseni Ejei et un juriste du Conseil des Gardiens assureront conjointement la transition du régime. Ce triumvirat a pour mission de maintenir la stabilité institutionnelle dans l'immédiat.
Dès le dimanche suivant, l'agence de presse ISNA a annoncé la nomination d'Alireza Arafi à la tête du conseil des dirigeants. Cet organe temporaire est chargé de remplir les fonctions du guide suprême en attendant l'organisation de nouvelles élections. Membre du Conseil des Gardiens, Alireza Arafi siègera aux côtés de Massoud Pezeshkian et de Gholamhossein Mohseni Ejei pour piloter cette période de transition.
L'héritage et l'autorité suprême de Khamenei
Ali Khamenei détenait l'autorité suprême sur toutes les branches du gouvernement iranien, sur l'armée et sur le pouvoir judiciaire depuis 1989. Vénéré par ses fidèles comme un représentant de Dieu et commandant en chef des forces armées, il avait le dernier mot sur toutes les questions d'État importantes. Considérant sa responsabilité dans la survie de la République islamique, il avait anticipé une transition du pouvoir en cas de décès.
Trois successeurs potentiels pré-identifiés
Selon le New York Times, en juin 2025, durant la guerre contre Israël, alors que l'ayatollah Khamenei était en fuite, il avait désigné trois candidats susceptibles de lui succéder rapidement. Ces trois personnalités étaient :
- Gholamhussein Mohseni Ejei, déjà impliqué dans la transition.
- Ali Asghar Hejazi, chef de cabinet de l'ayatollah Khamenei, malheureusement tué lors des frappes de samedi.
- Hassan Khomeini, un religieux modéré issu de la faction politique réformiste et petit-fils de l'ayatollah Khomeini.
Le fils de l'ayatollah Khamenei, Mojtaba, bien que plébiscité par certaines factions, a été écarté par son père qui ne souhaitait pas une succession héréditaire, comme le précise le New York Times.
L'influence prépondérante d'Ali Larijani
Un autre nom circule avec insistance pour la succession : celui d'Ali Larijani, vétéran de la politique iranienne et chef du Conseil suprême de sécurité nationale. Avant les frappes aériennes, l'ayatollah Khamenei lui avait délégué la direction du pays, marginalisant de facto le président Massoud Pezeshkian. Ali Larijani apparaît donc déjà comme une figure d'influence majeure.
Un parcours au service du régime
Nommé secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale en août dernier, Ali Larijani est un ancien conseiller d'Ali Khamenei. Sa carrière est marquée par une loyauté indéfectible envers le guide suprême et un pragmatisme lui permettant de naviguer entre les factions rivales du régime. Issu d'une lignée cléricale – son père était ayatollah –, il est décrit par The Economist comme un professeur de philosophie, spécialiste d'Emmanuel Kant, et un mathématicien qualifié.
Son influence stratégique a été mise en lumière lors de négociations sur le nucléaire iranien à Oman, où il a mené des discussions indirectes avec Washington. Reuters rappelle qu'il était considéré comme « l'éminence grise de Khamenei » par Lynette Nusbacher, une ancienne agente de renseignement britannique.
Des mécanismes de succession préparés
Le New York Times, s'appuyant sur des entretiens avec plusieurs hauts responsables iraniens, révèle que l'ayatollah Khamenei avait autorisé un petit cercle d'alliés politiques et militaires à prendre des décisions en son absence. Il avait également établi quatre niveaux de succession pour les hauts responsables qu'il nommait personnellement. Parmi ces figures figuraient :
- Son ancien chef d'état-major, Mohammad Hejazi (décédé en 2021).
- Le général Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement et ancien commandant du Corps des Gardiens de la révolution.
- Le général Yahya Rahim Safavi, son principal conseiller militaire et ancien commandant en chef des Gardiens.
Cette préparation minutieuse illustre la volonté de Khamenei d'assurer la pérennité du régime qu'il a dirigé d'une main de fer pendant plus de trente-cinq ans, même dans les circonstances les plus extrêmes.



