Le Premier ministre moldave Alexandru Munteanu a présenté sa démission vendredi 3 juillet, mettant fin à un mandat marqué par des crises politiques à répétition. L'annonce a été faite lors d'une déclaration télévisée, où il a justifié sa décision par l'incapacité de former une majorité stable au Parlement.
Une motion de censure imminente
La démission de Munteanu intervient alors que le Parlement s'apprêtait à débattre d'une motion de censure déposée par l'opposition. Selon des sources parlementaires, la motion recueillait déjà les signatures de 52 députés sur 101, soit une majorité absolue. Munteanu a préféré anticiper ce vote pour éviter une crise institutionnelle plus grave.
Le Premier ministre sortant a déclaré : « Je quitte mes fonctions avec la conscience tranquille, ayant fait tout mon possible pour moderniser le pays. Mais face à l'impasse politique, il est préférable de laisser la place à une nouvelle majorité. »
Un bilan économique contrasté
Durant ses 18 mois au pouvoir, Munteanu a mené des réformes économiques soutenues par le Fonds monétaire international (FMI). Le PIB moldave a progressé de 3,2 % en 2025, selon les données officielles, mais l'inflation est restée élevée, à 8,7 % en juin 2026. Le chômage a légèrement baissé, passant de 5,1 % à 4,8 %.
Cependant, la lutte contre la corruption, promise lors de son entrée en fonction, a été jugée insuffisante par les observateurs. Transparence International classe la Moldavie au 105e rang mondial, en baisse de deux places par rapport à 2024.
Des tensions avec la Russie
La démission de Munteanu survient également dans un contexte de tensions accrues avec la Russie. Moscou a récemment imposé des restrictions sur les importations de vins moldaves, une mesure perçue comme une représailles au rapprochement de la Moldavie avec l'Union européenne. En 2025, les exportations moldaves vers l'UE ont augmenté de 12 %, tandis que celles vers la Russie ont chuté de 18 %.
L'opposition pro-russe, menée par le Parti des socialistes, a salué la démission et réclamé des élections anticipées. Son leader, Igor Dodon, a déclaré : « Le départ de Munteanu est une victoire pour le peuple moldave. Il est temps de tourner la page et de rétablir des relations équilibrées avec tous nos partenaires. »
Quelle suite pour la Moldavie ?
La présidente Maia Sandu doit désormais consulter les partis politiques pour former un nouveau gouvernement. Selon la Constitution, elle dispose de 45 jours pour proposer un nouveau Premier ministre au Parlement. En cas d'échec, le pays pourrait être contraint à des élections législatives anticipées.
Les analystes estiment que la situation politique moldave reste fragile. « La démission de Munteanu ouvre une période d'incertitude, mais elle pourrait aussi permettre de sortir de l'impasse », a commenté l'analyste politique Valeriu Pașa, cité par l'agence Reuters. La Moldavie, pays de 2,6 millions d'habitants, est confrontée à des défis majeurs, notamment la dépendance énergétique et la pression migratoire.



