La police antiterroriste britannique a été saisie de l'enquête sur le meurtre d'Ann Widdecombe, ancienne députée conservatrice et figure politique britannique, retrouvée morte à son domicile londonien. L'annonce a été faite lundi 13 juillet par Scotland Yard, qui a précisé que les circonstances du décès présentent des « éléments suspects » justifiant l'intervention de la branche antiterroriste.
Une figure politique controversée retrouvée sans vie
Ann Widdecombe, 76 ans, a été découverte sans vie dans sa maison du quartier de Westminster, à Londres, dimanche soir. Selon les premiers éléments de l'enquête, son corps portait des traces de violence. La police n'a pas encore communiqué officiellement la cause exacte du décès, mais une autopsie doit être réalisée dans les prochains jours.
La carrière politique d'Ann Widdecombe a marqué le Royaume-Uni : députée conservatrice de 1987 à 2010, elle a occupé plusieurs postes ministériels sous les gouvernements de John Major, notamment celui de secrétaire d'État à la Sécurité sociale. Connue pour ses positions conservatrices sur les questions sociales, elle s'était également fait remarquer par ses déclarations controversées sur l'immigration et l'Union européenne.
Enquête confiée à la branche antiterroriste
Le commissaire Mark Rowley, à la tête de la lutte antiterroriste à Scotland Yard, a confirmé que son service était désormais en charge de l'enquête. « Nous traitons cette affaire avec la plus grande priorité. Les éléments recueillis jusqu'à présent nous ont conduits à saisir la branche antiterroriste, en raison de la nature des faits et du profil de la victime », a-t-il déclaré.
Selon des sources proches de l'enquête citées par la BBC, les enquêteurs explorent plusieurs pistes, dont celle d'un acte isolé ou d'un mobile politique. Aucune arrestation n'a encore été effectuée, mais la police a lancé un appel à témoins et examine les images de vidéosurveillance du quartier.
Réactions politiques et hommages
L'annonce du meurtre a suscité une vive émotion au sein de la classe politique britannique. Le Premier ministre Keir Starmer a exprimé sa « consternation » et présenté ses condoléances à la famille de la défunte. « Ann Widdecombe était une femme politique qui a servi son pays avec dévouement. Sa mort tragique est un choc pour tous », a-t-il écrit sur X.
D'anciens collègues conservateurs ont également rendu hommage à celle qui fut une figure clé du parti durant les années 1990 et 2000. L'ancien Premier ministre Boris Johnson a salué « une voix puissante et sans compromis » tandis que la chef de l'opposition, Kemi Badenoch, a dénoncé un « acte odieux ».
Contexte sécuritaire tendu
Ce meurtre intervient dans un climat de tensions sécuritaires au Royaume-Uni, où la menace terroriste est classée au niveau « substantiel » (le troisième sur cinq) par les autorités. La police antiterroriste est régulièrement mobilisée pour des enquêtes impliquant des personnalités politiques, notamment depuis l'assassinat de la députée Jo Cox en 2016.
Scotland Yard a appelé la population à la vigilance et à signaler tout comportement suspect. Une cellule de crise a été mise en place pour coordonner les investigations.



