Un massacre sanglant dans le nord du Soudan du Sud
Selon des informations transmises par des responsables locaux à l'Agence France-Presse, plusieurs dizaines de personnes ont été tuées par de jeunes attaquants armés, dimanche, dans le nord du Soudan du Sud. Cette zone, frontalière avec le Soudan, connaît un regain de violences depuis les dernières semaines, marquant une escalade inquiétante dans ce pays en proie à des tensions persistantes.
Un bilan provisoire qui s'alourdit
Elizabeth Achol, responsable sanitaire de la région administrative spéciale de Ruweng, a affirmé que cent soixante-neuf corps ont été inhumés dans une fosse commune. James Monyluak, qui dirige l'information de la zone, a confirmé ce chiffre et alerté que ce nombre pourrait encore augmenter si d'autres corps sont découverts. Initialement, il avait donné un premier bilan de plus de 120 morts, précisant qu'environ 80 des victimes étaient des civils, principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées, tandis qu'une quarantaine d'autres étaient des militaires.
Le déroulement de l'attaque
Le massacre a débuté vers 4 h 30 et a duré plus de trois heures, selon les déclarations de James Monyluak. Les assaillants ont tiré dans un marché du comté d'Abiemnom, dans ce qui semble être un acte de vengeance pour le meurtre de certains de leurs membres. Une source diplomatique, sous couvert d'anonymat, a mentionné au moins 70 morts, en précisant que ce nombre pourrait dépasser 100, confirmant ainsi la gravité de la situation.
Contexte ethnique et politique
Selon cette même source diplomatique, les attaquants sont des jeunes appartenant à l'ethnie nuer, venus de l'État voisin d'Unité, dans le nord du pays. Ils ne seraient pas proches du parti d'opposition de Riek Machar, dont les milices affrontent régulièrement l'armée de Salva Kiir, président du Soudan du Sud depuis 2011. Cependant, les combats entre ces deux camps ont fortement monté en intensité au cours des dernières semaines, en particulier dans l'État de Jonglei, dans le centre-est du pays.
Réactions internationales et préoccupations
Dimanche, l'ONU avait déploré une attaque de jeunes armés non identifiés dans le comté d'Abiemnom. L'organisation internationale a exprimé ses inquiétudes suite à des informations faisant état de dizaines de morts parmi les civils et des responsables locaux lors de ces affrontements, sans donner de précisions supplémentaires. Par ailleurs, Médecins sans frontières a annoncé, plus tôt dans la journée, avoir perdu le contact avec 26 de ses employés dans la région, soulignant les risques accrus pour les humanitaires.
Une région en proie à l'instabilité
Le Soudan du Sud, indépendant depuis 2011, reste tiraillé par des conflits internes et des rivalités ethniques. Cette attaque s'inscrit dans un contexte de violences récurrentes qui menacent la sécurité des populations civiles et entravent les efforts de paix. Les autorités locales et internationales appellent à une désescalade immédiate pour prévenir de nouvelles pertes humaines.



