Los Angeles sous tension : des Français expatriés racontent
Depuis l'annonce du déploiement de troupes pour faire face aux manifestations, Los Angeles vit sous tension. Au cœur de cette agitation, des Français expatriés décrivent le climat d'une ville fracturée par la politique migratoire de Donald Trump. Léa*, 26 ans, originaire d'Occitanie, réside depuis plusieurs années dans un quartier résidentiel de LA, loin du tumulte du centre-ville. À première vue, la vie semble normale. "Si je ne regardais pas les infos ou les réseaux sociaux, j'aurais l'impression qu'il ne se passe rien. Les gens vont au marché, sortent au restaurant, c'est calme. Et pourtant, à quelques kilomètres de là, c'est presque la guerre."
Des affrontements quotidiens
À Los Angeles, les tensions ne faiblissent pas. Depuis plusieurs jours, la deuxième ville des États-Unis est secouée par des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre. La cause : le tour de vis migratoire imposé par Donald Trump, de retour à la Maison-Blanche. Depuis le 7 juin, il a ordonné l'envoi de 700 Marines et 2 000 réservistes de la Garde nationale pour "restaurer l'ordre". Une mesure exceptionnelle qui divise le pays et inquiète jusqu'aux expatriés français sur place.
Un bastion démocrate en résistance
Bastion démocrate et foyer majeur de populations immigrées, Los Angeles s'oppose frontalement à la politique de Trump. Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, dénonce ce qu'il décrit comme "le fantasme fou d'un président dictatorial". Léa évoque les opérations de l'ICE (la police fédérale de l'immigration), qui cible régulièrement les immigrés sans papiers : "Ce sont des gens qui bossent, qui ne cherchent pas d'ennuis. J'ai voyagé au Mexique, je comprends pourquoi ils viennent. Ils fuient la pauvreté, pas pour profiter du système."
Un calme apparent, une peur latente
Claire*, 42 ans, vit avec sa famille depuis dix ans dans une commune paisible en périphérie de Los Angeles. Chez elle, aucun signe de tension dans les rues. "Dans notre quartier, c'est le calme plat, pas de bruit, pas de sirènes". Mais ce calme apparent ne suffit pas à la rassurer : "Je reste attentive et profondément concernée. On continue de vivre normalement, mais en gardant en tête que tout peut changer du jour au lendemain. On vit dans une bulle, mais on sait que ça peut exploser. Depuis que Trump est revenu, cette menace plane en permanence."
Des images choc qui circulent
Grenades assourdissantes, charges policières, interpellations musclées… Les images des affrontements circulent en boucle sur les réseaux sociaux et frappent les esprits, même loin des zones de tension. D'autres rassemblements ont eu lieu à Manhattan ou à Austin, au Texas, alimentant un climat d'inquiétude à l'échelle nationale. Pour beaucoup d'habitants de Californie, un État historiquement accueillant pour les migrants, le recours à l'armée marque une ligne rouge. "Trump veut en faire un exemple, résume Léa. Il ne lâchera pas."
*Le prénom a été modifié.



