Le Liban plongé dans une nouvelle vague de déplacements forcés
Sur le front de mer de Beyrouth, une scène surréaliste se déroule. De rares sportifs marchent, semblant imperturbables, tandis qu'un drone israélien vrombit dans le ciel. À quelques mètres, des familles entières sont nichées dans leurs voitures garées aux abords de Zaitunay Bay, un petit port de yachts. Ces personnes ont fui la banlieue sud de Beyrouth ou le sud du Liban, des zones directement sous le feu des frappes israéliennes.
Une escalade rapide et ses conséquences immédiates
Depuis la nuit du dimanche 1er au lundi 2 mars 2026, le Liban est de nouveau happé par la spirale de la guerre. Cette récente flambée de violence a été déclenchée par des tirs de roquettes en direction d'Israël, lancés par le Hezbollah, entraînant une riposte israélienne massive et immédiate. Le pays renoue ainsi avec une crise aiguë des déplacés, à peine quinze mois après la fin du précédent conflit, qui s'était déroulé du 23 septembre au 27 novembre 2024, entre l'État hébreu et le parti-milice chiite.
L'ouest de Beyrouth, comprenant son front de mer emblématique et le quartier animé de Hamra, se transforme une fois de plus en lieu d'accueil pour une population en quête de sécurité. Cette zone avait déjà joué ce rôle crucial durant la guerre de 2024. Pour l'instant, l'afflux de personnes déplacées reste moindre comparé à la crise précédente, mais il est significatif et croissant.
Des chiffres qui illustrent l'urgence humanitaire
Selon les données communiquées par la cellule de crise mise en place par le gouvernement libanais, plus de 58 000 personnes ont déjà été contraintes d'abandonner leurs foyers pour échapper aux violences. Ce chiffre, bien qu'inférieur aux centaines de milliers de déplacés enregistrés dès les premières heures du conflit de l'automne 2024, souligne la rapidité avec laquelle la situation humanitaire se détériore. Les familles, souvent surprises dans leur sommeil, ont dû fuir avec le strict minimum, cherchant refuge là où elles le pouvaient.
Le sud du Liban, particulièrement touché par les frappes israéliennes, voit ses routes se remplir de véhicules surchargés, comme en témoigne une famille photographiée sur une autoroute menant à Beyrouth, près de la ville portuaire de Saïda. Ces images rappellent douloureusement les exodes passés et font craindre une aggravation si les hostilités persistent. La communauté internationale observe avec inquiétude cette nouvelle escalade, alors que les blessures du précédent conflit sont encore vives dans la mémoire collective libanaise.



