Le bilan des frappes russes massives sur Kiev s'est alourdi à dix morts et quarante-cinq blessés ce jeudi, selon les autorités ukrainiennes. L'armée de l'air ukrainienne a recensé 675 drones et 56 missiles lancés par la Russie dans la nuit de mercredi à jeudi, dont la majorité a été interceptée par la défense aérienne. Cette offensive, survenant après une trêve de trois jours, a ciblé plus de vingt sites civils dans la capitale.
Une attaque d'une ampleur inédite
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a annoncé dans son allocution quotidienne que les recherches se poursuivaient pour retrouver des victimes dans les décombres d'un immeuble résidentiel de neuf étages. "Pour l'instant, nous savons qu'un total de dix personnes sont mortes à Kiev à cause de l'attaque russe massive", a-t-il déclaré. Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a indiqué que les corps de dix personnes avaient été retrouvés, dont celui d'un enfant de douze ans, et que les recherches étaient toujours en cours.
Selon l'armée de l'air ukrainienne, la Russie a utilisé 675 drones et 56 missiles, dont 652 drones et 41 missiles ont été abattus. Cette vague d'attaques aériennes est parmi les plus importantes de ces dernières semaines, intervenant quarante-huit heures après la fin d'une trêve de trois jours observée de samedi à lundi.
Réactions internationales
Les alliés de l'Ukraine ont promptement dénoncé cette nouvelle attaque. Le président français, Emmanuel Macron, y a vu la preuve de la "faiblesse" de Moscou, qui "ne sait pas comment terminer sa guerre d'agression". La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que la Russie "se moque ouvertement" des efforts diplomatiques pour ramener la paix en Ukraine. Le ministre slovaque des Affaires étrangères, Juraj Blanar, a condamné une "escalade" qui réduit les chances d'un "dialogue pacifique". La veille, la Slovaquie avait fermé ses postes-frontières pour des raisons de sécurité.
Les pourparlers entre Kiev et Moscou, sous médiation américaine, sont en suspens depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient fin février. Les seules avancées concrètes des négociations précédentes sont des échanges de prisonniers. Volodymyr Zelensky exhorte ses alliés à faire pression sur Moscou pour mettre fin à l'invasion russe lancée en février 2022.
Témoignages et dégâts
À Kiev, des dégâts ont été recensés sur plus de vingt sites à travers la ville, notamment des infrastructures civiles. Un habitant de la capitale, Andriï, a témoigné auprès de l'AFP : "Tout était en feu. Les gens hurlaient… Les gens criaient." Alors que les secours tentaient d'évacuer une victime coincée sous les gravas, une femme s'est écriée en larmes : "C'est sûrement Macha", a rapporté un journaliste de l'AFP sur place.
Un haut responsable de la présidence ukrainienne a estimé que cette nouvelle attaque massive coïncidait avec les discussions entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping lors de leur sommet en Chine. C'est "une démonstration à l'occasion des discussions de Trump en Chine", a-t-il indiqué sous couvert d'anonymat. Volodymyr Zelensky avait appelé mercredi les deux dirigeants à discuter des moyens de mettre fin à l'invasion russe.
La Russie a également frappé un véhicule de l'ONU dans le sud du pays avec des drones explosifs, sans faire de blessés, selon M. Zelensky. "Les Russes ne pouvaient ignorer quel véhicule ils visaient", a-t-il dénoncé.



