Liban : un expert français alerte sur une migration massive du Sud vers le Nord
Liban : migration massive du Sud vers le Nord selon un expert

Liban : un expert français alerte sur une migration massive du Sud vers le Nord

Le Dr Pierre Anhoury, spécialiste de santé publique et diplômé en cancérologie clinique, partage sa vie entre Espelette au Pays basque, où réside sa famille, et le Liban. Depuis trois ans, il occupe le poste de conseiller du ministre de la santé libanais, une mission de quatre ans pour le compte du ministère français des Affaires étrangères. L'ancien directeur des activités internationales de l'Institut Curie à Paris a accordé une interview depuis Beyrouth, où il effectue sa dernière année de service.

Une gestion de crise anticipée face à la guerre régionale

Le Liban fait face à des crises récurrentes, mais la situation actuelle est inédite : il s'agit de la première crise dans le cadre d'une guerre régionale totale impliquant de nombreux pays. Dès 2023, le ministre de la Santé de l'époque avait mis en place un programme de gestion des catastrophes, obligatoire pour tous les établissements de soins. Cette anticipation, renforcée fin 2024 et début 2025, a permis de répondre de manière optimale aux besoins. Aujourd'hui, le Liban a réactivé ses automatismes et la cellule de crise du ministère est aux commandes.

Préparations concrètes pour un exode massif

Concrètement, tous les numéros de téléphone des permanences pour les déplacés, les blessés et les malades sont activés. Les autorités s'attendent à une migration massive de la population du Sud vers le Nord, en raison des combats et des frappes qui ont débuté. Le mardi 3 mars, la cellule de crise réunissait 60 personnes, incluant les chefs de service du ministère, des institutions internationales des Nations Unies comme l'OMS et l'Unicef, ainsi que des ONG opérant au Liban. Le suivi de la migration sud-nord et l'évaluation des besoins sont prioritaires. Les hôpitaux se tiennent prêts et accueillent déjà les premiers blessés.

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Impact sur la vie quotidienne et les infrastructures

La population libanaise vit au ralenti : les universités et les écoles sont fermées et organisent des enseignements en ligne. Les habitants ont fait des réserves d'essence, d'eau potable et de nourriture. Les embouteillages habituels ont disparu, mais les axes routiers du Sud sont saturés par les voitures des familles fuyant les zones de combat. Pour le moment, le Liban ne manque de rien, avec des stocks de denrées et de médicaments suffisants pour les deux prochains mois. L'aéroport de Beyrouth fonctionne au ralenti, car toutes les compagnies aériennes ont cessé de voler, à l'exception de la compagnie libanaise MEA, qui continue de desservir les grandes villes européennes.

Tensions politiques et interventions militaires

Sur le plan politique, les tensions s'amplifient. Le Conseil des ministres s'est réuni le lundi 2 mars. Le Premier ministre a été très clair : le Hezbollah doit rester un parti politique citoyen et non une milice armée décidant de la guerre ou de la paix, une prérogative exclusive de l'État. Il a menacé d'emprisonner tous les auteurs d'envois de missiles vers Israël, affirmant que l'armée libanaise doit être l'unique rempart de défense du pays. Malheureusement, depuis le 3 mars, Israël a envoyé des troupes au sol sur le territoire libanais pour détruire les caches d'armes du Hezbollah, aggravant la situation.

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