Liban : une semaine de guerre, une situation toujours critique
Une semaine après son entrée dans la guerre au Moyen-Orient, le Liban est plongé dans une crise profonde. La capitale Beyrouth subit des bombardements israéliens continus, tandis que des affrontements violents opposent l'armée israélienne et le Hezbollah dans l'est et le sud du pays. Le bilan humain ne cesse de s'alourdir, avec plus de 384 morts, dont 83 enfants, selon le ministre de la Santé libanais Rakan Nassereddine.
Beyrouth sous le feu des frappes israéliennes
Ce lundi 9 mars 2026, les frappes israéliennes ont de nouveau ciblé la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah. Un journaliste de l'AFP a rapporté une forte explosion et d'épais nuages de fumée dans ce quartier déjà bombardé à plusieurs reprises au cours de la semaine écoulée. Les médias locaux indiquent que les quartiers de Ghobeiry, près de l'hôpital al-Sahel, ont été particulièrement touchés.
Dans la nuit de samedi à dimanche, un hôtel du quartier de Raouché, sur le front de mer de Beyrouth, a également été frappé, faisant quatre morts et dix blessés. L'armée israélienne affirme avoir tué lors de cette attaque cinq membres des Gardiens de la Révolution iranienne, dont trois commandants importants de la force Qods.
Affrontements féroces dans l'est et le sud du Liban
Dans l'est du pays, près de la frontière syrienne, l'Agence nationale d'information (Ani) a fait état de combats intenses près du village de Nabi Chit. Cette région, contrôlée par le Hezbollah, a été le théâtre d'une opération héliportée israélienne dans la nuit de dimanche à lundi, faisant 41 morts et des dégâts considérables. Deux responsables du Hezbollah ont déclaré à l'AFP que le mouvement chiite avait abattu un hélicoptère israélien dans la région de la Bekaa.
Dans le sud du Liban, trois personnes ont été tuées et 15 blessées dans des raids israéliens contre la ville de Tayr Debba, près du port de Tyr. Le Hezbollah a affirmé avoir repoussé des soldats israéliens avançant vers les villes frontalières d'Odaisseh et Aïtaroun, à l'aide de roquettes et de mitrailleuses.
Déplacements massifs et alertes d'évacuation
Les autorités libanaises ont recensé plus de 517 000 déplacés dimanche, un chiffre qui pourrait encore augmenter. L'armée israélienne a averti la population du sud de Beyrouth d'évacuer leurs logements, et a annoncé qu'elle mènerait dans les prochaines heures des frappes contre les infrastructures de l'association al-Qard al-Hassan, l'institution financière du Hezbollah.
Human Rights Watch dénonce l'usage de phosphore blanc
Dans un rapport publié ce lundi, l'organisation Human Rights Watch (HRW) a accusé Israël d'avoir utilisé illégalement des munitions au phosphore blanc sur plusieurs zones résidentielles peuplées dans le sud du Liban le 3 mars. Cette substance, qui peut provoquer de graves brûlures, des lésions respiratoires et la mort, a été géolocalisée dans des images vérifiées par HRW. Les autorités libanaises et HRW avaient déjà accusé Israël par le passé d'avoir brûlé des régions boisées et des terres agricoles avec du phosphore blanc.
La situation au Liban reste extrêmement tendue, avec des perspectives de nouvelles escalades militaires et humanitaires dans les heures à venir.



